‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 129 sur 267 · LIVRE XH · texte numérisé non relu

LIVRE XH

Bernadotte par le duc d'Istrie, alors à Paris, par suite delà légère blessure reçue à Wagrain. La défense d’Anvers s’organisa. Les Anglais mirent une grande lenteur dans leurs mouvements; les maladies, si communes dans le pays en cette saison, ravagèrent leur armée, et ils durent assez promptement songer à la retraite.

L’Empereur en éprouva une grande joie; il se livra à un mouvement d’orgueil légitime. La majesté de l’Empire lui semblait suffire pour rendre son territoire inviolable ; la terre seule de France rejetait d’elle-mème l’étranger qui osait la souiller. Cela était vrai, cela sera toujours vrai, quand le patriotisme des Français ne sera pas neutralisé par leure divisions, quand un sentiment unique animera toute la nation, quand surtout, en défendant son gouvernement, elle croira défendre scs richess'es, son bien-être et sa liberté.

L’Empereur s’égayait beaucoup, à celte époque, sur le compte des marins. Ceux-ci avaient toujours prétendu que la navigation de l’Escaut présentait de grandes difficultés pour les vaisseaux de ligne. Les bancs au-des.sous. d’Anvers cmpccbaicnl, di- •sail-on, de les armer avant d’èlre arrivés dans la rade : enfin il était prudent de se servir de chameaux ' pour descendre les vaisseaux jusqu’au lieu

* Lt“s rlianipaux sonl deux corps creux ou gi-andas caisses, dont un côté a la courbure do la muniillc d'un vaisseau, de inanièie qu'ils s’appli-

MÉHOIREi? nu DUC DE RACUSE.

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de leur armement. Ce mode de transport, de tout temps en usage en Hollande, avait été proposé pour Anvers, u Eh bien, disait Napoléon en riant de tout son cœur, voyez les beaux effets de la peur! L’escadre de ramiral Missiessi était dans la rade de Flessingue, prête à mettre en mer, armée, approvisionnée, ayant son eau à bord; l’apparition des Anglais a produit un effet tel, que l’escadre, dans cet état, a remonté l'Escaut par un vent peu favorable, en louvoyant sans s’échouer, et elle s’est si bien trouvée de ce mouvement, (|ue quelques vaisseaux ont dépassé Anvers et sont entrés dans le Rupel, un de ses affluents. A quelque chose malheur est bon : les Anglais nous auront appris toute la valeur et toutes les propriétés de cet établissement maritime. »

A l’occasion de la descente des Anglais, j’ofTrisà l’Empereur et je fis remettre par son ordre, au ministre de la guerre, un travail fort circonstancié, fait pendant mon séjour en Hollande, sur la défense de la Zélande et sur les moyens de communication possibles entre les îles, malgré des forces maritimes supérieures.

L'éloignement de Napoléon pour Bernadotte da-

quwU sur s<'s flancs iinmétiialcmeiit. Ils sont descendus à la liauleur de la quille du vaisseau au moyen de l'eau dont on les remplit. On les lie au vaisseau avec des coulages, et ils font corps avec lui. On vide l'eau avec des pompes; ils soulcvcnt le vaisseau et diminuent son tirant d'eau.

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