‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 139 sur 267 · I.E GÉNÉRAI- IIUSCA A MARMONT · texte numérisé non relu

I.E GÉNÉRAI- IIUSCA A MARMONT

« Au quiirlier général tle Villath, le 5 juin 1809, à (leux heures après midi.

« Mon général, j’ai reçu la dépêche de Votre Excellence, datée d’hier au soir; j’avais déjà mandé ce matin, par mes dépêches, (juc je crois également que l’ennemi pouvait encore se porter de Tarvis surGorice. Une reconnaissance est partie ce matin, et, comme la course qu’elle a à faire est trèslongue, elle ne rentrera que ce soir; j’aurai soin d'informer Votre Excellence de tout ce qui parviendra a ma connaissance.

« Si j’avais assez de forces, j’attaquerais l’ennemi, et, si Votre Excellence peut disposer de quelques forces, je l’ohligerai ou de rentrer dans le Tyrol, ou le pousserai entre deux feux. »

LE PRINCE EUGÈNE A MARMONT

8 Œdenbourg, le 6 juin 1809.

« J’ai reçu, monsieur le général Marmont, les

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diirérentes lettres que m’a apportées votre aide de camp; il m’a appris qu’à son passage à Klagenfurth il avait rencontré le corps du général Rusca, qui se repliait de Villach sur celte ville, forcé par le général Chasteler, qui était débouché du Tyrol avec environ six mille hommes et qui cherchait à se rallier au prince Jean. Votre aide de camp m’a également dit que le général Rusca vous avait demandé du renfort; je ne doute pas que vous n’ayez profité de cette occasion pour joindre l’ennemi, si vous avez été averti assez à témps. Dans tous les cas, je marche sur le prince Jean, qui cherche à rallier ses corps épars sur la Raab, Sa Majesté m’ordonnant cette opération. Je désire que vous y coopériez; ainsi, si le général Chasteler est parvenu à passer, il faut que vous le suiviez, et faire en sorte de le joindre, s'il est possible ; vous pouvez prendre avec vous le général Rusca, car je pense que les derrières de l’armée sont libres, du moment où le général Chasteler a passé; vous lais.seriez quelques troupes dans le fort de Laybach, avec ordre au commandant de tenir le plus possible, et vous approvisionneriez ce fort pour plusieurs jours. Dans le cas où le général Giiilay chercherait à faire un mouvement sur votre droite pour se jeter sur Laybach, vous vous y reporteriez vous-méme et vous pourriez l’attaquer avec avantage. Enfin, si tous les corps autrichiens opéraient leur jonction avec le prince

Jean, vous manœuvreriez toujours pour tenir en échec le plus de forces possible, ce que vous feriez alors avec d’autant plus de facilité, que, me portant moi-môme sur l’armée autrichienne avec des forces imposantes, je l’oblige à me faire face, et vous vous trouvez naturellement placé su*‘ son (lanc. Je serai, le 9, sur la Raab, et, si l’ennemi manœuvre, je suivrai ses mouvements ; agissez donc vous-même d’après cela. Ainsi votre premier mouvement doit être de vous porter sur-le-champ à Marbourg, où le général Chasteler se sera naturellement dirigé. Vous pourrez communiquer par votre gauche avec Macdonald, qui doit s’avancer jusqu’à Furetenfcld, mais qui laisse un j)ctit corps d’observation à Gratz. Je communique moi-même avec lui, et j’aurai de celte manière promptement de vos nouvelles.

« P. S. Vous laisserez un officier supérieur à Klagenfurth. Sa Majesté a désigné cette place comme le grand dépôt de l’armée d’Italie; elle a même ordonné d’y placer les canons sur les remparts, et le général Chasseloup y est pour l’armement. Vous ordonnerez qu’on y réunisse tous les traînards ou hommes isolés, et qu’il ne parle aucun détachement, à moins qu'il ne soit formé en bataillon de marche. »

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