I.IVRE X. — 1806-1807. -H
s’est creusé un lit de trente pieds de profondeur. Ses bords escarpés offrent des obstacles qui, considérés sous des rapports militaires, pourraient entrer puissamment dans les calculs d’un général, et servir utilement dans des mouvements d’armée. Les eaux de la Kerka contiennent des substances calcaires qu’elles déposent constamment. La suite des siècles a formé un barrage près deScardonna. Il en résulte une des plus belles cascades de l’Europe, non par l’élévation, qui est assez peu considérable, mais par l’étendue, le développement et l’abondance de ses eaux dans la saison pluvieuse.
Vient ensuite la Cettina. Elle court d’abord du nord au sud, et ensuite tourne à l’ouest, traverse des montagnes ardues et élevées, et se jette dans la mer à Almissa. Une partie du pays, compris entre la Kerka et la Cettina, est couverte par des montagnes de rochers élevés, pelés et difliciles.
La quatrième rivière- est la Narenta. Elle prend sa source dans l’Erzegowine, à vingt lieues de la Dalmatie. C’est un véritable fleuve par la masse de scs eaux; sa vallée, fort large, serait d’une grande richesse si les eaux étaient aménagées. Elle forme maintenant d’immenses marais là où les Romains avaient de belles campagnes bien cultivées.
Telles sont les quatre rivières qui traversent la Üalmatie.
Les routes construites eurent pour objet de ren-
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dre praticable pour des voitures le passage d’un bassin dans l’autre. Les Autrichiens avaient fait une seule route, celle du pont de la Zerinagna, et qui va de la frontière de la Croatie à Zara; tout le reste était en projet.
Mes premières constructions eurent pour but deux objets : 1° établir la communication entre Zara, Scardonna, Sebenico, Trau et Spalatro, et 2° partir du pont de la Zerinagna et de Knin, passer dans la vallée de la Cettina, et mener au meilleur débouché de la frontière pour pénétrer en liosnie.
La première de ces routes passait par les cantonnements de l’armée ; les troupes se trouvaient à portée d’y travailler; elle fut faite avec rapidité et succès, malgré les grandes difOcultés locales. On peut en juger par un exemple : les murs de soutènement de la descente de la montagne de Trau oui de vingt à vingt-deux pieds d’élévation, dans une partie de leur développement. En moins de six mois on arriva à Spalatro par une route construite d’après les principes, avec double empierrement et des cordons.
On fit également en même temps, mais au moyen de réquisitions de paysans, une route pour aller de la vallée de la Cettina à Cresmo, débouché en Bosnie. Au moyen des troupes, on construisit aussi une route dans la largeur de la Dalmatie, et qui, par-