LIVRE XIII. — 1S09-1RI
tendre sur divers objets à régler pour la rétrocession de la Dalmatie et de l’Istrie au gouvernement français. J’arrivai à Laybach le IG novembre.
ba ville de Laybach est bien inférieure en population, en richesses et en importance à Trieste; mais elle fut choisie pour la résidence du gouverneur, à cause de la proximité de la frontière d’Autriche et de l’avantage que cette position lui donne comme poste d’observation. J’habitais de ma personne, l’hiver seulement, Trieste, dont le climat est plus doux et la résidence plus agréable. Pendant ce temps, je m’occupais d’une manière particulière des intérêts de cette ville.
Les provinces illyriennes, agrégation de provinces, les unes autrefois vénitiennes et les autres autrichiennes, diffèrent entre elles par le climat, par le langage, par la nature de leur population enfin par toutes les circonstances qui constituent la diversité des peuples. Leur longueur du nord.au sud est de deux cent trente lieues. Leurs frontières, au nord, contiguës au Tyrol, se terminaient au sud à la frontière du pachalik de Scutari. Composées du bailliage de Lientz et de Lillion, dans le Tyrol, du cercle de Villach, en Carinlhic, de la Carniole, du comté de Goritz, de Trieste, de la Croatie civile et militaire, sur la rive droite de la Save ; de l’Istrie vénitienne et autrichienne, de Fiume, delà Dalmatie, de l’Étal de Raguse et de la province des Dou-
elles de Callaro, leur population approchait de deux millions d’âmes et se composait d’Allemands, (rillyriens, d’Italiens, d’Albanais, enfin d’individus de tous les pays, réunis à Trieste. Il y a donc autant de mœurs diverses que de provinces, autant de produits différents que de localités, et surtout les diverses manières d’exister n’ont aucun rapport entre elles. Ainsi les lois et l’organisation ne pouvaient pas être uniformes, et le même régime ne pouvait convenir aux Croates militaires qui gardent les frontières, aux négociants de la ville de Trieste, aux seigneurs de la Carniole, aux mineurs d’idria et de Bleiberg, et aux matelots de la Dalmatie et
de l’Albanie.
La jiremière chose à faire en arrivant était do rétablir l’ordre en Dalmatie. Les Autrichiens, pendant la campagne, avaient fait une invasion dans le plat pays. Le général Knesevich y était entré, et ses troupes avaient occupé tout l’espace compris entre la Zermagna et la Celtina; mais elles n’avaienl pas passé cette dernière rivière. Après avoir bloqué Zara, Knim, Klissaetle fort SanNicolo, elles firent prendre les armes contre nous à une partie de la population, séduite par l’espérance d’être traitée plus doucement. Plusieurs agents de l’administration se joignirent à eux; d’autres, restés fidèles, furent arrêtés et conduits en Hongrie. J’envoyai des troupes et des instructions pour faire tout