‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 177 sur 267 · LIVRE XIII. — 1K · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — 1K

rentrer dans l’ordre, et je punis par le baimissoinent les employés qui nous avaient abandonnés, .le réclamai les autres qu'on refusait de me rendre, et, afin d’assurer leur retour, j’écrivis au maréchal Macdonald, encore à Gratz, pour lui demander de faire prendre des otages dans cette ville. Cette menace les fit rendre à la liberté. Tout ce qui n’avait |>as été envahi était resté tranquille, preuve du bon t*sprit de la province. Parmi les individus dont la fidélité appela sur eux la colère des Autrichiens, se trouvaient des moines de Saint-François, les mêmes qui, dans d’autres temps, avaient été les promoteurs de la révolte. J’avais donc bien fait de chercher à m’emparer de leur affection, et de mettre à profit leur influence.

Un des premiers actes de mon administration fut de déterminer les divisions territoriales et administratives. Je cherchai la règle à suivre, persuadé (ju’en toute chose il y a un principe générateur qui domine la matière. Quand on l’a trouvé, tout est lacile : quand on ne le connaît pas, on marche au hasard, et rien n’est coordonné. Ce devoir à remplir m’inspira les réflexions suivantes :

Les divisions administratives doivent varier suivant les localités. A l’exception des très-grandes villes, où l’accumulation de la population multiplie à l'infini les affaires, c.e n’est pas le nombre des administrés qui doit servir de règle, mais l’étendue

du pays qu’ils habilenl. Un administrateur doit pouvoir recevoir, en cas d’urgence, dans les vingt-quatre heures, des nouvelles de ce qui se passe dans le pays qui lui est confié. Suivant la nature du pays, les arrondissements doivent donc être plus ou moins étendus : dans un pays de montagnes, plus petits que dans un pays de plaines; et, dans un pays traversé par de grandes routes, plus grands que dans un pays qui en est privé. Après ce principe, il en est un autre aussi évident. Dans beaucoup de pays, on a borné les cercles et les provinces par les rivières : rien n’est plus absurde. I.es rivières, bornes naturelles des États, ne doivent pas être employées aux divisions de l’intérieur. Elles servent de limites aux États : 1* parce qu’elles sont des barrières; ‘2° parce que chaque État veut profiter des avantages qu’elles apportent par la navigation; 5“ parce que c’est un tracé permanent qui n’est pas sujet à contestation. Mais, si, dans un cas, elles servent à diviser, dans l’autre elles doivent réunir. Les intérêts des habitants des deux rives d’un fletive sont toujours les mêmes; leurs rapports sont multipliés et constants, leurs affaires de tous les moments. Il est donc contraire à la raison de faire ressortir de deux administrations différentes les habitants des deux rives, et les divisions d’administration doivent être circonscrites par bassins, et non se terminer aux bords des rivières.

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