‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 181 sur 267 · I.IV'IIE XIM. — 1809-1 H U). ;>ôl · texte numérisé non relu

I.IV'IIE XIM. — 1809-1 H U). ;>ôl

donne des ordres que rarement; de ce nombre sont ; le pacha de Sentari; Méhémet-Ali, pacha d'Kgypte; et autrefois Ali-Pacha de Janina, et Djezzar- Pacha à Acre. Ensuite viennent les pachas de cour, envoyés dans les provinces soumises. Ofliciersde la Porte, ils viennent résider, pendant quinze mois, souvent pendant deux ans et demi, quelquefois pendant trois ans, sont respectés et reçus avec égards, touchent un tribut plus ou moins considérable, ordinairement assez léger; mais restent étrangers à tout ce qui regarde la province, et ne sont obéis en rien. Ils cèdent leur place à d’autres, qui sont traités de même, et la province est entia* les mains des propriétaires des fiefs, ou limarioU’s, des possesseurs des châteaux fortifiés. Quand leurs intérêts communs sont en souffrance, ces derniers se réunissent et y pourvoient. Ainsi, dans lespachaliks, où les pachas sont les maîtres, les pachas n’obéissent pas au Grand Seigneur, et, là où les pachas sont soumis au Grand Seigneur, ils sont sans pouvoir dans les provinces cpi’ils sont censés gouverner. Les pachas de Bosnie sont dans celte dernière catégorie.

Je crus devoir faire quelque démonstration pour appuyer mes réclamations auprès des capitaines de la frontière. En conséquence, je réunis trois ou quatre mille hommes d’infanterie, huit cents chevaux et vingt pièces de canon à Szluin; j’y établis mon quartier général et j’entrai en communication

avec les capitaines turcs. Ceux-ci, réunis à Isachich, amenèrent environ dix mille hommes, en grande partie coinposés de cavalerie, et ils discutèrent entre eux ce qu’il y avait à faire dans la circonstance.

Le consul de France, David, dont j’avais jusquelà constamment eu à me louer, et reconnu le zèle et la capacité, se conduisit mal en celte occasion. Au désespoir d’ètre forcé de tenir un langage qui le mettait en contradiction avec lui-même, il ne voulait pas comprendre que souvent la politique commande des actions réprouvées par la stricte équité et défendues à un homme privé, dans son intérêt bien entendu; que les devoii’s varient suivant les circonstances. 11 engageait sous main les Turcs à la résistance, et croyait aijisi mettre fin à mes instances, et conserver à ses protégés les terres dont ils s’étaient enrichis. Il aurait dû mieux juger ma position. Faire rendre justice aux Croates était pour moi une chose vitale, un moyen à saisir avec empressement pour me faire connailre à eux, et montrer l’efficacité de la protection de la France; rétrograder eût été nous perdre gratuitement dans leur esprit.

Ces manières de voir opposées produisirent une négociation difficile; car, au moment où je menaçais les Turcs, celui qui devait me seconder, et qui publiquement tenait le même langage, disait secrè-

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