‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 182 sur 267 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

tement tout le contraire. Les pourparlers et les discussions durèrent un mois. Un de nies aides de camp résidait auprès de cette espèce de congrès et pressait sa décision. Je montrais une grande longanimité pour prévenir une fausse interprétation de mes mouvements, empêcher le peuple de Bosnie de croire à un commencement de guerre avec la Porte, pour bien établir enfin que ce n’était qu’une discussion de frontière. Plus je montrais de patience, et plus les capitaines turcs se rassuraient. Comme les Turcs lie cèdent jamais qu’à la nécessité et à la nécessité du moment, ils ne supposent pas qu’on puisse être inspiré par un autre sentiment. En conséquence, ne me voyant pas agir, ils ne crurent pas à des hostilités de ma part. Malheüreusement cette opinion était partagée par le consul de France, qui eut l’indiscrétion de la leur laisser voir, et dès lors le parti de ne pas céder fut arrêté entre eux. ils renvoyèrent mon aide de camp et ils répondirent, par l’organe d’IIadgi-Ali, que leurs droits aux terres envahies étaient incontestables, parce que le Grand Seigneur ne les avait pas indemnisés, que, par con- •séquent, ils les gardaient. Quant aux menaces «l’employer la force contre eux, ils savaient parfaitement que je n’oserais jamais les exécuter. C’était me mettre dans la nécessité de les attaquer immédiatement.

Dès le lendemain, au soleil levant, je sortis de

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