III. ü
5ii MÉMOIRES I)ü DUC DE RAGUSE.
mon camp ot je marchai à eux. Le spectacle offert j)ar mes diverses colonnes descendant des montagnes était fort imposant; derrière moi marchait toute cette population dépossédée. L’armée des Turcs se composait de dix mille hommes, la plus grande partie formée de cavalerie. Ils avaient construit trois redoutes dans lesquelles ils avaient mis une quinzaine de bouches à feu, dont plusieurs sans affûts étaient en batterie sur des rouleaux. Quelques volées, de canon mirent en désordre cette masse confuse ; les plus braves se jetèrent sur notre infanterie et se firent tuer. Tout s’éparpilla; nous primes les redoutes, l’artillerie, et nous tuâmes environ deux cents hommes. Notre perte fut de cinq hommes.
Je marchai sur Isachich, lieu de rassemblement des capitaines. Les habitants l’avaient évacué. Isachich, avec les hameaux environnants, formait un total d’environ quinze cents maisons. La peine du talion étant la plus juste, les représailles toujours naturelles et opportunes avec des gens semblables, et runique moyen d’assurer le repos de l’avenir, je donnai ordre à tous les Croates qui me suivaient de se rendre dans les maisons abandonnées, d’en enlever CO qui était transportable et de quelque prix, et ensuite de mettre le feu partout. — Jamais ordre ne fut exécuté plus consciencieusement et avec plus de joie. Ayant pris la meilleure maison pour mon