‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 191 sur 267 · LIVRE XIII. — I809-'i8io · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — I809-'i8io

courir des risques à leurs habitations et à leurs personnes si l’autorité, comme il était arrivé tant de fois, n’atteignait pas son but.

Je formai plusieurs détachements de troupes, sous le commandement d’ofiieiers choisis. J’ajoutai à chacun d’eux des détachements de gardes nationales, composés d’hommes sans propriétés, moins exposés que d’autres à la vengeance des brigands, et connaissant bien le pays.

Toutes ces colonnes étant mises sous les ordres d’un oflicier su|térieur, on commença la chasse. .\u moment même où on poursuivait les brigands, je fis placer des soldats dans toutes les maisons des villages à portée, dont les habitants étaient, pour la plupart, complices des brigands. Ordre rigoureux fut donné de les retenir tous, hommes, femmes, enfants, jusqu’à la lin des opérations. — Par ce moyen, les brigands perdirent à la fois les avis et les vi vres qu’ils tiraient de ces villages ainsi que les refuges qu’ils pouvaient y trouver dans un cas pressant. .Xbandonnés ainsi à eux-mêmes et privés de tout secoiu*s étranger, ils ne pouvaient plus se défendre ni subsister. Une commission militaire en permanence jugeait immédiatement les hommes saisis. La chasse dura trois semaines environ. Soixante et quelques de ces misérables furent pris et pendus sur le lieu même de leurs exploits; une douzaine se soumirent, donnèrent des sûretés, et le reste

(lispanil. Depuis, et tant que dura le régime français, on n’en entendit plus parler. Cette province devint aussi sûre que le reste de l’Illyrie.

Je complétai l'organisation civile des provinces en établissant, à l’instar de la France, une administration des contributions directes, et en faisant faire la répartition de l’impôt fixé pour l’année suivante.

Quoique le jiays soit cadastré depuis Marie-Thérèse, cette opération était difficile à la suite d’un si long temps; chaque propriété avait, pour ainsi dire, changé de nature. L’impôt du timbre et de l’enregistrement fut adopté et une régie des domaines créée; mais on ajourna la perception de l’impôt de l’enregistrement jusqu’à la publication du Code civil. Une règle unique est indispensable, et alors il y avait autant de lois et de coutumes que de provinces. Ces divers changements promettaient de l’urgent pour l’avenir, mais ne nous en donnaient pas pour le moment, ^os besoins étant extrêmes et d’une urgence impossible à exprimer, je fis un emprunt de cinq cent mille francs à Trieste. Couvert aussitôt, ce fut une ressource momentanée. J’établis une administration des postes et un service régulier pour tonte l’étendue des provinces. J’avais, deux fois par semaine, des nouvelles des points les plus éloignés.

Enfin je créai un corps des ponts et chaussées,

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