LIVRE XIII
composé des meilleurs ingénieurs civils des villes et de la province de Carniole, et je mis à sa tête un ingénieur nommé Blanchard, envoyé de France, homme fort capable. Je m’occupai aussi de l’instruction publique, et j’établis deux écoles centrales, une à Laybach et l’autre à Zara, et huit lycées dans les principales villes; deux écoles d’arts et de métiers; des écoles primaires dans toutes les communes. L’instruction enseignée dans les écoles supérieures comprenait le latin et le français, les mathématiques et 1a physique; et, avec le temps, les écoles de Laybach et de Zara auraient reçu plus de développement. Un assez grand nombre de bourses fut créé, et le tout établi si économiquement, que l’ensemble de l’instruction publique, hors des écoles primaires, ne s’élevait pas, en y comprenant les bourses, au delà de deux cent cinquante mille francs.
l‘our achever l’indication sommaire des établissements faits alors, je parlerai encore d’une régie intéressée pour la vente des tabacs, d’une entreprise pour la fabrication des poudres, et des salpètrières dans toutes les villes. Notre situation devant nous porter aux économies, je fis répartir chez les cultivateurs solvables douze cents chevaux d’artillerie et d’équipages, avec obligation de les représenter au moment du besoin, ou d’autres de même valeur. Cette mesure, en usage en Prusse de tout temps, avait déjà été pratiquée en France, après la paix
de Fainéville. il n’y en a pas de plus utile. On devrait toujours y revenir, car elle donne des moyens d’armement très-prompts. Elle réserve pour le service <lu gouvernement et utilise pour le pays des chevaux qui, à la fin des guerres, n’ont aucune valeur au moment où ils sont vendus. N’en retrouva-t-on que la moitié au moment où on les réclame, il y aurait encore pour l’Etat un grand bénéfice de temps et d’argent.
Aussitôt que la saison et les affaires le permirent, Je commençai une inspection de détail dans les régiments frontières, et un voyage dans le reste des j)rovinces. .le vis les Croates, compagnie [»ar compagnie, je pouévus à leurs besoins, je satisfis à leurs demandes, et je laissai ce. peuple content 'd’appartenir à son nouveau souverain; il n’avait pas perdu au change, et il le sentait. 11 devait conserver ses institutions, auxquelles il tenait beaucoup, et il était l’objet de soins plus empressés et d’une protection plus efficace; et puis le nom français aloi’s était si grand!
J’avais fait traduire en illyrien nos ordonnances sur les manœuvres. Afin de les faire apprendre aux Croates, j’attachai momentanément deux bons instructeurs IVançais, pris dans les régiments français, à l’état-major de chaque régiment croate. Une instruction normale fut donnée, et un olTicier et deux sous-officiers par compagnie venaient, sous