‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 221 sur 267 · L1VUI-: XIV · texte numérisé non relu

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pai à lui plaire; et, comme je la traitais avec distinction et qu’elle n’avait rien de plus à prétendre, elle fut bientôt à moi et satisfaite de son sort. Bref, aucun pays réuni à la France n’a montré plus promptement et plus constamment de bons sentiments pour nous, malgré l’affection héréditaire et si marquée que ses habitants portent, avec tant de raison, à la maison d'.\utriche; et, je crois pouvoir le dire sans orgueil et avec vérité, la cause en est dans la justice, les égards et la fermeté avec lesquels ces peuples ont été traités.

Plusieurs seigneurs autrichiens, entre autres le prince d^\uersberg, vinrent pour me recevoir dans leurs belles possessions, et celui-ci dans le duché de r»ottsche. Nous y chassâmes l’ours : cet animal y est commun; nous en trouvâmes plusieurs, aucun ne fut tué. Je dirai, à la honte de plusieurs compagnons de chasse, entre autres d’un intendant français, que ,des ours passèrent près d’eux et qu’ils n’osèrent pas les tirer. Cette chasse a, en France, la réputation d’être dangereuse; là, elle n’inspire aucune crainte. Quand il a le moyen de fuir, l’ours ne cherche pas à attaquer le chasseur. Les sangliers sont très-rares dans ce pays, et leur chasse passe pour ■ . périlleuse; et en France, où elle est commune, personne n’a jamais eu l’idée d y attacher aucun mérite : on redoute, dans chaque pays, ce que l’on ne connaît pas, et les craintes disparaissent quand on

observe de plus près les objets qui les inspirent. 11 en est de cela comme de beaucoup d’autres choses dans le monde :

Toujiwi's bâtons llolbnls,

Do loin c'est quoique chose, et de près ce n'o>t rien.

Le prince Dietrichstein, un des plus grands seigneurs de l'Autriche, vint aussi à Laybach au nom de la compagnie de la route Louise {Louisen-Strasse), dont il était un des plus forts actionnaires. Cette route traverse la Croatie et va de Carlstadt à Fiume. D’une haute importance pour la Hongrie, elle sert à e.\porter ses produits. Ouvrage magnifique, elle a été un objet de patriotisme de la part de ses principaux actionnaires. Un décret impérial avait fait à cette société la concession d’un péage : il fallait faire reconnaître ce droit par le nouveau gouvernement, et le lui conserver; c’est ce que le prince Dietrichstein venait solliciter. Indépendamment de la justice de sa réclamation, il y avait un autre motif pour l’accueillir : les travaux n’étaient pas tout à fait achevés, et il y avait encore quelques capitaux à y dépenser. Je me fis rendre compte, avec un grand détail, de tout ce qui avait rapport à cette affaire, et, au bout de six semaines, elle fut éclaircie et entendue. Je confirmai la concession par un arrêté, et il y fut ajouté quelques dispositions qui parurent équitables. Tout fut fait en moins

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