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de deux mois. Si on veut comparei’ la marche des affaires chez nous avec celle qu’on suit à Vienne, nous en avons ici les moyens. On peut s’étonner qu’un pays puisse subsister avec la lenteur qui règle un grand nombre des actes de son administration. On se garantit sans doute ainsi des surprises et des erreurs, on s’épargne l’obligation de revenir sur des décisions prises; mais d’autres inconvénients plus grands et impossibles à développer ici en sont les conséquences nécessaires.
En 1S14, ce pays est revenu à l’Autriche. Les changements apportés à la concession primitive, relative à la route Louise, durent être l’objet d’un nouvel examen de la part de l’administration autrichienne. Eh bien, en 1819, je fus à Vienne, et je trouvai le prince Dietrichstein sollicitant cette affaire, dont on s’occupait depuis cinq ans, et qui, grâce aux renvois éternels d’une direction à l’autre, n’était pas encore terminée.
Nous étions en discussions continuelles sur la frontière de la Save avec les autorités autrichiennes. Elles contrariaient fréquemment la navigation sous divers prétextes. Après mille réclamations et mille pourparlers, je ne trouvai d'autre moyen que la voie des représailles. Elle me réussit comme elle réussira toujours toutes les fois qu’on ne les exagère pas. Il y eut aussi des intérêts froissés par des possesseurs riverains opposés pour dqs pâturages;
mais tout se termina enfin à l’amialtle. J’envoyai mon chefd’élat-major pour quelque temps à Agram auprès du général Hiller. Nous nous entendîmes avec lui, comme aussi avec l’évêque d’Âgram, pour qu’il donnât à l’évêque deLaybach le pouvoir d’administrer la partie de son diocèse placée sur la rive droite de la Save.
J’organisai une compagnie de réserve àLaybach, composée d’anciens officiers et d'anciens soldats autrichiens licenciés. Je proposai à l’Empereur de lever un régiment de trois bataillons, afin d’employer beaucoup d’officiers nés dans les provincés. Ils avaient quitté le service autrichien et en demandaient en France. Cette proposition ayant été accueillie, ce régiment, connu sous le nom de régiment d’Illyrie, fut très-promptement organisé et envoyé en Italie. Je reçus l’autorisation d’y placer un tiers d’officiers français, ce qui, avec les placements déjà exécutés dans les régiments croates, donna un grand avancement et un grand mouvement à mon corps d'armée.
Deux choses produisaient un véritable état de souffrance dans ce pays : le manque d’argent, et le retard apporté dans l’organisation des tribunaux. Mais, malgré mes représentations, rien ne revenait de Paris. Je fus obligé de former provisoirement un tribunal à Carlstadt, composé de civils et de militaires, pour assurer le cours de la justice en Croa-
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lie. Quant à l’argent, comme les nouveaux imjxHs n’étaient productifs qu’en partie, et qu’on ne retirait pas les troupes, je lis sur les principales villes un emprunt de un million cinq cent mille francs, à la garantie desquels j’affectai des rentes foncières dont la province de Carniole était propriétaire. I/Empereur blâma cette mesure. Je lui demandai quel pouvoir il me supposait, quels moyens il m’attribuait, pour faire face à des besoins aussi positifs avec des moyens aussi faibles, et dont l’insuflisance lui avait été démontrée. Je lui prouvai, non pas sans humeur, que, si je n’eusse pas pris cette mesure, tout serait tombé en dissolution. J’eus gain de cause. La plus grande partie des troupes françaises eut l’ordre de pa.sser en Italie; je les remplaçai, pour la garde des places de Raguse, Zara, Carlstadt, etc., par quatre bataillons croates mis en activité, et qui se relevaient i’i des époques fixes.
Je disposai tout pour organiser avec le temps en Dalmatie deux régiments à l’instar des Croates. C’était la seule manière de civiliser cette province et d’en tirer parti. Tout le littoral était destiné à recruter la légion dalmate, et la marine devait rester sous une administration civile. L’intérieur, ce qu’on nomme la Morlacliie, formerait le territoire des deux régiments; la garde nationale et la gendarmerie seraient chargées de la police du lit-