‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 226 sur 267 · LIVRE XIV. - isifl. m · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. - isifl. m

que ce flambeau, dont l’éclat, pour ainsi dire, était céleste, dût bientôt pâlir et s’éteindre. Mais tant de prudence, de calcul et de profondeur devait faire place aux conceptions les plus déraisonnables; l’orgueil se changer en aberralion grossière; les inspirations du génie disparaître ou se réduire à ce qui flatte les passions; et un homme sorti de la foule, enfant de ses œuvres, dépasserait bientôt en illusions les princes nés sur le trône, dont les flatteurs ont corrompu le caractère et obstrué l’intelligence. Tout cela cependant était au moment d’arriver, tant est faible notre nature! Trois ans à peine étaient écoulés, et le colosse avait disparu !

La grandeur de Napoléon a été en partie son ouvrage; mais les circonstances ont singulièrement favorisé son élévation. Son arrivée au pouvoir a été l’expression des besoins de la société d'alors, mais sa chute, c’est lui seul qui l’a causée. Il a mis une plus grande et une plus constante énergie à se détruire qu’à s’élever, et jamais on n’a pu faire une application plus juste qu’à lui de cette observation, que les gouvernements établis ne peuvent tomber que par leur faute et meurent toujours par une espèce de suicide.

L’Empereur me reçut à merveille à mon arrivée à Paris : tous les rapports venus sur l’Illyrie l’avaient satisfait; je lui parlai des besoins de ces provinces, de la nécessité de terminer leur organisa-

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