I.IV.HK XIV. - connRSPO.Mt.ANCE. m
comme pour ceux portant alleiiile à la sûreté publique, la révolte, la désertion en masse, etc., la sentence, approuvée par le colonel, est exécutée immédiatement. Dans tous les autres, elle doit être revisée au tribunal d’appel des régiments. Chez les Autricbiens, ce tribunal est composé d’auditeurs, c’est-à dire des gens de loi ayant des grades militaires. Je propose de faire reviser, dans les cas ordinaires, le jugement par le tribunal d’appel du régiment, que je suppose composé de juges civils, mais auxquels il faudrait adjoindre un nombre déterminé d’ofliciers.
« Donner au tribunal civil la police correctionnelle et la justice criminelle; dans tous les cas, ôter l’une et l’autre aux chefs militaires, c’est détruire les régiments croates, car c’est ôter une grande partie, de leur puissance aux ofliciers. Il n’y aurait plus ni discipline ni obéissance; il n’y aurait plus que désordre et confusion.
«Je pourrais facilement m’étendre sur cet article-là; mais Votre Excellence a déjà saisi toutes les conséquences qui seraient la suite d’un changement de système.
« Eu résultat, toutes les erreurs dans lesquelles on e.st tombé à ce sujet viennent de ce qu’on ignore ce que c’est que la Croatie militaire. Je ne m'eu étonne pas; je n’avais pu le savoir précisément pendant mon séjour en Dalmatie, quoique je le dé-
m MÉMOintS DU DUC DE IIAUUSE.
sirassc beaiicoiip, et je ne connais parfaitement son régime que depuis peu de mois.
« La Croatie ne doit pas être considérée comme une province, mais comme un camp, et sa population comme une armée (jui a avec elle son moyen de recrutement, des femmes, des enfants, et des invalides, qui sont les vieillards. C’est une liorde de Tartares, qui, au lieu de vivre sous des tentes, vit dans des cabanes, et qui, au lieu d’exister uniquement de scs bestiaux, vit du produit de scs champs et de ses bestiaux; mais c’est une borde organisée, disciplinée, heureuse et marchant rapidement vere la civilisation; (car les lois de la discipline militaire ne sont pas moins employées par les chefs pour établir l’ordre que pour diriger la culture des tei res et l’économie des troupeaux); et qui, en même temps, fournit à rKm[)ereur, moyennant un secours de un million ciu(| cent mille francs, une armée, belle, brave, instruite, habillée, et toujours prête à marcher, de seize mille hommes, sans en compter huit mille de réserve, c’est-à-dire autant, et avec douze millions de francs d’économie, que donnerait une puissance de deux à trois millions d’àmcs. Cette orfïDuisation, je le répète, est enfin un chef-d’œuvre, puisqu’elle résout le problème difficile de donner, •’*i améliorant chaque jour le sort des habitants et •m les rendant heureux, dix fois plus que tous autres peuples peur le service de son souverain.