‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 256 sur 267 · LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE

nécessaire de former une direction, composée d’un officier supérieur qui eût toujours servi dans les Croates, et qui fût connu pour sa citpacité ; d’un ancien commissaire des guerres employé dans ces régiments, connaissant bien les règles de l’administration; enfin d’un auditeur connaissant bien les lois et l’administration de la justice dans ces régiments, et ayant servi longtemps comme nudileur, c’est-à-dire comme juge.

a J’ai chargé cette direction de remettre en vigueur toutes les lois et règlements sur l’administration, la justice, la police, etc., etc.; d’entrer en correspondance avec tous les régiments, de leur demander tous les comptes, et de faire son rapport habituel au général commandant la Croatie, auquel j’ai donné pouvoir de résoudre les affaires courantes, et que j’ai chargé de me rendre compte de toutes celles de quelque importance.

<1 J’ai cru utile de consacrer, par un arrêt, toutes les attributions de la direction on rapport avec les différentes branches de l’administration, qui, quoique ayant connexion avec les régiments, se rattachent à l’organisation générale de l'illyrie; enfin, le mode de surveillance supérieure et d’inspection de ces régiments s’y rattachant aussi.

« J’ai rencontré des hommes fort capables dans les trois individus qui composent la direction, et qui, en peu de mois, ont rempli le but que je m’é-

MÉMOIRES DU DlC DE RACUSE.

lais proposé, et rétabli l'ordre le plus régulier.

« J’ai nommé, indépendamment de cela, comme il y en avait autrefois, trois commissaires, que j’ai choisis parmi lesofliciers renommés parleurs connaissances en administration; j’en ai attaché un à chaque brigade ou deux régiments. Ils sont chargés, ainsi que l’étaient leurs prédécesseui-s, de viser toutes les pièces de comptabilité, suivre dans tous ses détails l’administration des régiments, et d’arrêter celle comptabilité provisoirement à la fin de chaque trimestre.

« J’ai établi dans chaque régiment un conseil d’administration responsable, qui n’cxislail pas autrefois, afin d’avoir plus de garantie pour l’administration, et de me rapprocher le plus possible de ce qui se fait dans l’armée française.

« Toutes ces mesures sont consacrées dans l’arrêté du 2 juin, que j’ai rhonneur de joindre à celle lettre, et qui a établi, pour toutes les parties du service, une marche régulière. Cet arrêté ordonne aussi une inspection dont j’ai cru utile de me charger cette année.

« J’ai conservé intact le système de l’adminislratioii et de rorganisalion de ces régiments. Je me SUIS occupé de réunir, rappeler toutes les lois anciennes, et d en faire suivre scrupuleusement l’exécuiion.

11 serait utile de faire une refonte générale de

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ces Ipis, afm d’avoir, dans un cadre rétréci, des règles pour tout. .Mais c’est un travail de longue haleine.

« l.es seuls et légers changements que j’ai cru utile d’opérer sont ceux-ci : J’ai placé près des colonels un adjudant-major choisi parmi les Dalmates qui appartiennent aux familles les plus dévouées à l'Empereur, alin qu’ils puissent savoir, par ceux qui connaissent la langue, tout ce qui se dit et se fait intéressant le bien du service. Mais, afin de ne pas blesser les officiers croates dans leurs prétentions et leurs intérêts, j’ai ajouté les emplois que j’ai donnés à l’ancienne organisation.

« Des ofliciers commandant des bataillons avaient le titre de major. Je leur ai donné celui de chef de bataillon. Les lieutenants-colonels étaient précisément ce que sont nos majors français; ils ont pris le titre de colonels-majors. Enfin, tous les officiei’S ont pris les insignes des ofliciers français.

« J’ai réduit à six les capitaines de première classe; j’ai supprimé six chirurgiens par régiment; j’ai augmenté la solde des chefs de bataillon et des chirurgiens.

a Enfin, n’ayant point de tribunal de révision, j’ai institué, en attendant l’établissement du tribunal ordinaire, un conseil de révision composé partie d’officicre français, partie d’officiers croates, pour les affaires criminelles.

MKMOinES DU DUC DE RAGUSE.

« Telles sont les seules et uniques modifications (|ue j’ai apportées aux régiments croates. Ainsi Votre Excellence pourra se convaincre, d’après les détails ci-dessus, qu’ils se régissent, s’administrent selon leurs anciennes lois, et que tout ce que j’ai ordonné n’a tendu qu’à remettre ces lois en vigueur, pour remplir les lacunes laissées par la séparation de l’Autriche, et établir une surveillance, un mode de reddition décomptés qui assurait l’ordre public, la conservation des intérêts de Sa Majesté comme aussi celle de ses sujets.

« Mon intention était de retarder l’envoi du rapport d’inspection jusqu’au moment où tous les états <|ui devaient l’accompagner auraient été terminés; mais, ce travail demandant enœre quelques jours, et ce rapport devant compléter les documents que Votre Excellence désire sur ces régiments, je vous l’envoie séparément, et j’aurai l’honneur de vous adresser tous les états qu’il indique.

« Quant à la question du service, il y aurait inconvénient à faire sortir du pays, aujourd’hui, un bataillon par régiment pour se rendre en France.

« Je crois y avoir répondu hier dans la lettre que j’ai eu l’honneur de vous écrire. Je suis convaincu que cette mesure serait aussi funeste au pays que contraire au bon esprit des Croates,- et par conséquent au service de Sa Majesté, de les tirer de chez eux pour leur faire tenir garnison. L’esprit de leur

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