LIVRE XIV. - CORRESPONI).A^CE. .')Ü
instilufion est de les faire tenir chez eux en temps de paix, et de n’en sortir que pour faire la guerre, parce que le plus grand nombre est marié et que leurs bras sont nécessaires à la culture des terres, et qu’enfin ils forment la partie vigoureuse de la population. Ils partiraient demain sans regret pour aller au fond de la Pologne faire la guerre aux Russes, s’ils en recevaient l’ordre, parce que la guerre est leur métier; mais ils se regarderaient comme perdus s’ils pouvaient avoir un moment l’inquiétude de passer leur vie dans des garnisons fixes, parce qu’ils y verraient la destruction certaine et 'infaillible de leurs familles; et, dès lors, l’opinion (lu peuple entier serait changée.
« Pour ce qui est relatif aux sommes qui seraient nécessaires pour les faire entrer en campagne, voici ce que les règlements ont consacré :
« Du jour où ils sont réunis, ils doivent avoir la solde de l’armée et recevoir un habilleme'nt et un étjuipement complet des magasins du gouvernement.
« Si le gouvernement préfère le lui acheter au prix de celui qu’il porte, et qui est une propriété delà famille; mais, dans ce cas, il faudrait encore les lournir en nature de sacs à peau, dont ils manquent «mgénéral; on ne peutguèrc estimer le tout à moins de cent francs par homme, y compris trois paires de souliers dont il faudrait leur faire l’avance. »
MÉMOIIIES DU DUC DE DAUÜSE
LE MABÉCllAL MAUMO-M' AU MIMSTUE DE LA GUEURE.
a Lnybacl), le 10 novembre 1810.
« Monsieur le duc, j’ai reçu la lettre que Votre Excellence m’a fait l'honneur de m’écrire le 51 octobre, qui demande de nouveaux renseignements sur les jeunes Croates envoyés en France. Je ne perds pas un instant pour y répondre; vous les trouverez ci-joints aux listes de cent quarante-sept jeunes gens, dont cent quarante-cjnq partis.
« Les cinquante-trois autres jeunes gens se composent de tous ceux qui étaient entretenus dans les lycées aulricliiens aux frais de l’empereur d’Autriche, et (|ui ne sont pas encore arrivés. Les parents ont écrit à plusieurs reprises pour les obtenir, mais on n’y a fait aucune réponse.
c< J’ai écrit à l’ambassadeur de France pour le prier de réclamer ces jeunes gens; aussitôt que j'aurai sa réponse, les mesures seront prises pour les réunir et les acheminer sur la France.
« Votre Excellence me demande des renseignements sur les grandes professions et fortunes des pères des enfants : une colonne de l’état satisfait à la première question; quant à la fortune, ils sont tous presque également pauvres dans la Croatie militaire. En ce pays, il n’existe pas de classe qui ressemble ni à la noblesse ni à la bourgeoisie des autres pays ; il n’y a que des paysans et des soldats.