‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 258 sur 267 · LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE. ü · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. — CORRESPONDANCE. ü

des officiers et des snus-offic.iers, en retraite ou en activité ; les derniers, avec leurs appointements faibles, ont besoin de beaucoup d’économie pour vivre; les autres, sans leurs pensions, ne sauraient comment e.Kister, parce que presque tous les officiers sortent de la classe des soldats. Les sous-ofli-, ciere subsistent avec leur modique paye, plus la part qu’ils ont dans leur famille.

« J’ai fait le choix de la manière suivante : j’ai pris d’abord la totalité des jeunes gens qui étaient en Autriche entretenus par l’empereur; ensuite la totalité des fils d’officiers de neuf à quinze ans. — ^ J’ai complété le nombre par des enfants du même Age appartenant à des sous-officiers qui jouissaient de la meilleure réputation dans leur régiment.

« Le nombre que rEinpereur a fixé est très-considérable; j’ai pensé qu’il était utile d’y faire concourir les jeunes gens des familles de la Croatie civile et du littoral hongrois, qui, par leur voisinage, ont jusqu’à un certain point de l’inlluence sur l’opinion des Croates. Les premières, choisies parmi celles qui jouissent de plus de considération et qui remplissent les emplois les plus respectés, qui sont de juges, de comitat et de cercle; en général, ces fainilles-là ont quelque aisance. Ceux du littoral appartiennent à des familles les plus recommandables qui ne sont pas riches et dont l’opinion passe pour être favorable aux Français.

« Votre Excellenco verra, d'après les développements ci-dessûs, qu’il est impossible d’espérer que les familles fournissent un trousseau de trois cent cinquante francs, tel que le porte votre lettre du 10 octobre; à l’exception peut-être pour des enfants de la Croatie civile, demander cette somme serait détruire les effets précieux que l'acte de bienfaisance et de générosité de l’Empereur a produits sur les esprits; l’exiger serait superflu, par l’impossibilité où se trouverait le plus grand nombre d’y satisfaire. »

UE MAIIÉCIIAL MAHMOST Af MINISTRE DE LA CI ERRE

« Laylxich. le 17 dikrcmbrc IHO.

« Monsieur le duc, le général Lauriston m’a communiqué, conformément aux ordres de Sa Majesté, les projets d’organisation des mines d’idria, afin que je puisse faire les observations dont je les croirais susceptibles; je ne peux que me réunira lui pour faire, en généraU l’éloge de l'organisation faite par les Aulriebions, et que je crois parfaitement bien entendue. Mais je crois de mon devoir de représenter l'inutilité et les inconvénients qui résulteraient de l’exemption d’impôt qu’il propose.

« Une exemption d’impôt ne pourrait avoir ici d’autre objet que d’accroître les revenus de l’ordre, des Trois-Toisons; mais, si telle était l’intention de

i.ivRK XIV. - cnRRESPnxnANCE. :.ii

Sa Majesté, il serait préférable de l’enrichir d’une tout autre manière (jue d’adopter un système d’exception et do privilège, qui enfanterait toute sorte d’abus.

« Les mines d’Idria jouissaient, il est vrai, de divci'ses exemptions sous les Autricbiens; mais celle disposition n’était nullement motivée, car les autres mines de la Carnioleetde la Carintbie sont imposées sans inconvénients pour leur prospérité. La miii(> d’Idria appartient à l’ordre des Trois-Toisons, et je ne concevrais pas pouiquoi cet ordre, qui doit être considéré comme un particulier, jouirait d’un privilège dont le bon ordre de l'administration a privé les autres mines do ces provinces.

a Mais ce n'est pas seulement la mine d’Idria que l’on voudrait exempter : c’est la seigneuri(‘ d’Idria, le domaine d'Idria, les habitants d’Idria, enfin jusqu’au commerce de celte mine. Or j’avoue que je ne puis le concevoir! Si, par la raison que la forêt d’Idria sert aux travaux de la mine, on ne doit pas l’ini|)Oser, il faut aussi exempter de l’im pût foncier les terres qui produisent le blé destiné aux habitants, les manufactures qui produisent le drap qui babille les ouvriers, car les mêmes raisonnements y sont applicables; il faudrait exempter les prairies qui fournissent le foin qui nourrit les animaux destinés au transport du mercure; enfin, par de semblables raisonnemeuls, on tombe

MÉMOinES DU DUC DE RAGUSE.

dans l’absurde. Mais ce n’est pas tout : on a été jus- (pi'à demander l’exemption des droits de péage sur les routes d’illyrie, tant pour les objets sortant d’Idria que pour ceux qui y entrent. Ces transports dégradent les routes, et les droits de hurrières ne sont établis que pour subvenir aux frais de leurs réparations.

« Le système qui a été adopté à Idria, et (pri a déterminé l’administration à fournir aux mineurs tous les objets de première nécessité <à bas prix, a pour but d’empêcher le prix de la main-d’œuvre de .s’élever, première cause de la prospérité de toute manufacture.

« Je crois donc qu’il est extrêmement précieux de conserver ce système. Mais, s’il y a des pertes à éprouver, c’est à l’administration des mines à les supporter, et le gouvernement ne doit jamais perdre ses droits. Ainsi, par exemple, l’impô.t personnel qui pourrait être dû par des individus employés à la mine doit être supporté par l’adminis- I Iration des mines, afin que les prétentions de ces individus ne s’élèvent pas envers elle dans une proportion supérieure à l’impôt, ce qui ne manquerait pasd’arriver s’ils payaient directement. Mais les individus qui appartiennent à la seigneurie d’Idria, et «lui ne sont rien à la mine, ne doivent, par aucune espèce de raison, être soumis à un régime particulier.

« (Juant aux droits de vente de vin, qui peuvent

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