‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 26 sur 267 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

vail se trouva être de douze mille. Je les divisai en deux bandes : une moitié rcmplaeaiirautre dansles travaux de quinze en quinze joui-s. Les ateliers, autant que possible placés à portée des communes qui fournissaient lesouvriers, étaient cependant sou vent à une ou deux marches. La route fut entreprise dans tout son développement. Le jour de l’arrivée des ouvriers, un ingénieur donnait à ceux de chaque commune une tâche raisonnable pour les travaux de la quinzaine, et des sapeurs, ainsi que quelques officiers et sous-officiers de différents corps, servant de piqueurs, dirigeaient les travaux. Chaque homme recevait un pain de munition ou deux rations par jour, c’est-à-dire plus de pain que jamais aucun Dalmate n’en a mangé chez lui. Quand la tâche était faite, ils retournaient chez eux; si au bout de quinze jours elle n’était pas terminée, ils restaient malgré l’arrivée de leurs camarades; mais aussi, quand ils devançaient l’époque fixée, ils quittaient tes ateliers avant les quinze jours expirés, en emportant la totalité du pain de la quinzaine, sorte de prime d’encouragement et récompense de leur zèle. Elle suffisait, car l’activité était telle, que tes ateliers étaient toujours déserts pendant deux ou trois jours. Les trois jours de temps ainsi conquis leur faisaient un plaisir extrême, impossible à exprimer.

Deux directions différentes pouvaient être choi-

Ci MÉMOIRES DU DL’C DE RAGUSE.

sies dans le tracé de la route : suivre le littoral eu partant de Spalatro, et passer par les villes d’Alniissa etdeMacai-sca; ou bien, de Knin entrer dans la vallée de la Ccttina, passer par Signe, traverser la Cettina à Tril, et arriver sur la Nareuta en franchissant le col de Touriate et suivant cette vallée déserte qui aboutit à Yergoratz et passe en arrière de la Vrouilla et du Biocovo. La première direction, plus convenable pour les habitants et plus en rapport avec les besoins usuels, aurait eu le défaut, en suivant le bord même de la mer, d’être soumise à l’action des vaisseaux placés dans le canal. Bar conséquent, elle eût été impraticable quand on n’aurait pas été maître de la mer. Or c’était précisément pour ce cas que la route était faite. La raison militaire devait donc l’emporter. La direction de l’intérieur fut préférée, et la route exécutée entièrement jusque bien au delà de la Nareuta, tandis que de Ragnse on s’était avancé au delà de Stagna. A l’exception d’une petite lacune, la route jusqu’à Raguse était terminée, quand, en 1801), nous sommes entrés en campagne contre les Autrichiens, et que nous avons quitté les outils pour prendre les armes. Lorsqu'un gouvernement éclairé possède des pays pauvres et barbares, il doit se hâter de faire exécuter, par corvées, les grands travaux d’utilité publique. Il avance ainsi l’époque de leur civilisation et de leur richesse, sans appauvrir mo-

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