LIVRE X. — 180C-I
mentanémcnt les habitaiils; car alors le temps qu’on leur enlève n’a aucune valeur pour eux. Plus tard il en serait tout autrement. L’État ne serait pas assez riche pour les payer, et l’on n’exécuterait pas les travaux utiles. Cependant il arrive un moment où, les avantages que la société en retire étant supérieurs aux frais, alors, et à de certaines conditions, les particuliers s’en chargent comme spéculation ; mais c’est que le pays est devenu riche et a acquis une grande prospérité par la succession des temps et le développement de l’industrie. Or la création de la richesse est d’abord singulièrement favorisée par la facilité des communications.
Le bien procuré par ces travaux à la Dalmatie sera toujoui’s apprécié davantage, et une civilisation plus précoce en sera nécessairement le résultat. Dans l’ordre des idées, il faut, pour civiliseï des barbares, les réunir, et multiplier leurs rapports entre eux. Les roules y servent merveilleusement et en sont le premier moyen. Les habitants, d’abord contraires à ces travaux, s’y seraient refusés s'ils l'avaient pu; mais, quand ils furent terminés, ils en reconnurent l’utilité, et me demandèrent l’autorisation d’ouvrir de nouvelles communications avec leurs seuls moyens : je la leur donnai sans difficulté, comme on l’imagine. L’empereur d’Autriche, visitant celte province en 1817 ou 1818, les vit avec admiration; il dit naïvement au prince