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pacha de Bosnie et moi des relations véritalilcineni amicales. 11 avait été pacha d’Kgypte; il en avait ramené de beaux chevaux, dont il me fit présent : je lui donnai cent fusils de munition et deux pièces de trois, avec lesquelles il combattit les Serviens. Ce pacha, Méhémet-Kosrcv-Pacha, a été depuis capitan-pacha, et c’est son vaisseau que Canaris a fait sauter d’une manière si héroïque ; aujourd’hui (1829) il est séraskier, c’est-à-dire chef suprême de la nouvelle armée turque, et l'homme de confiance de Mahmoud,
Je pressais sans cesse l’amiral de me remettre les bouches de Cattaro; mais, ses réponses, toujours dilatoires, montrant sa mauvaise foi, je devais m’en défier, et préparer d’avance les moyens d’en détruire les effets.
Je réunis des approvisionnements pour pouvoir les jeter à Cattaro au moment même où nous entrerions, et une artillerie convenable pour armer immédiatement la côte. En supposant l’amiral mal disposé ponr nous, mais loyal, il pouvait nous remettre les bouches de Cattaro en présence des Anglais; ceux-ci auraient mis des obstacles à l’envoi par mer de ce qui était nécessaire à la défense du golfe. Je devais prévoir aussi la continuation de la guerre, et alors il pouvait être utile de rapprocher des bouches de Cattaro des moyens d’attaque, pendant le moment où les hostilités étaient suspen-
duos et OÙ la navigation n’éprouvait aucun obstacle.
A deux lieues environ de l’entrée du golfe de Cattaro, dans le pays de Raguse, une échancrure dans la côte forme un port presque fermé, où des bâtiments sont parfaitement en sûreté. Ce port s’appelle Molonta. J’y envoyai, sur de petits bâtiments, des approvisionnements en biscuit, cau-de-vic, riz, et une quinzaine de pièces de gros calibre, avec leurs armements et munitions. J’occupai en force le Canali, partie du pays de Raguse couvrant le port de Molonta, et mes avant-postes furent placés à la frontière de l’Albanie, attendant 1e moment où les portes de Castelnovo me seraient ouvertes.
Les négociations n’avançaient pas. Si, par sa résistance, l’amiral oulre-passail ses ordres, une menace pouvait le décider; ou bien, si les hostilités devaient recommencer, l’offensive prise me serait utile. Je me décidai donc à agir : je fis embarquer pendant la nuit, à Molonta, sur des barques à rames, toute l’artillerie mise en dépôt; elle fut débarquée à la pointe du jour à la Punta d’Ostro, pointe ouest de l’entrée du golfe. Je déclarai en même temps que cette disposition ne devait point être regardée comme un acte d’hostilité, mais comme une opération préparatoire à la prise de possession des bouches, et dont l’objet était de mettre d’avance la côte en état de défense.
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Aussitôt le matériel débarqué, je m’occupai de faire construire une grande batterie pour battre et fermer l’entrée. Si la guerre commençait, c’était la première opération du siège de Castelnovo. Les Russes, trouvant mauvaise cette entreprise, et en vérité ils avaient raison, vinrent tirer du canon sur mes travailleurs; mais les travaux continuèrent, et en cinq jours ma batterie fut achevée. L’amiral ne changea pas de langage, et déclara au contraire qu'il avait l’ordre de garder les bouches de Cattaro : c’était annoncer la continuation de la guerre. J’étais en pleine opération quand je reçus, avec la uouvelle que l’empereur de Russie avait refusé de ratifier le traité d’Oubril, l’ordre de rentrer en Dalmatie et de me tenir en observation devant les Autrichiens, après avoir pourvu à la défense de Raguse. Cet ordre positif, impératif, était commandé parles circonstances, et rendait impossible l’accomplissement des projets dont j’avais déjà commencé l’exécution. Je ne pouvais retirer mon matériel que du consentement de l’amiral. J'envoyai à son bord pour lui déclarer que, l’armement fait ayant été uniquement destiné à la défense des bouches sur la remise desquelles j’avais dù compter, et les circonstances ayant changé, je consentais à retirer mon artillerie de la Punta d’Ostro, à condition qu’il n’y mettrait aucun obstacle; il en prit l’engagement, et l’on se mit à la besogne. Quand les batteries furent
démontées, et les canons dans des barcjnes, il avait changé d’avis. Je fis jeter les canons à la nier, et emporter par terre les poudres, les boulets, et tout ce qui était de nature à être transporté facilement : le reste fut détruit.
Ce début de campagne ne valait rien; mais j’espérais voir Siniavin se décider à agir offensivement, et pouvoir saisir une occasion d’obtenir un succès assez marqué sur lui pour garantir Raguse d’un nouveau siège, avant d’exécuter le mouvement rétrograde qui m’était ordonné sur Zara : elle se présenta effectivement bientôt.
Je me retirai sur Raguse-Vieux, où j’avais des approvisionnements considérables et presque toute ma Houille. Je pris position à une lieue en avant de cette ville, et j’attendis les événements. Combattre des Monténégrins n’était rien pour moi : c’était à des troupes russes que je voulais avoir affaire, et, pour cela, il fallait qu’elles se missent en campagne.
Une partie de l’escadre russe croisait déjà entre Raguse et Raguse-Vieux; des bâtiments étaient stationnés au milieu du golfe. Cette escadre se composait de vingt-deux bâtiments de guerre, dont dix ou onze vaisseaux de ligne : l’amiral, avec le plus grand nombre des vaisseaux, était encore dans les bouches. Des troupes de débarquement venues de Corfou, réunies à des détachements formés avec
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l’équipage des vaisseaux, élevaient les forces qu’il pouvait mettre à terre à sept mille hommes environ. Les espérances de succès formées par Siniavin étaient partagées par ses soldats, et la conquête de Ragusc et de toute la Dalniatie leur paraissait certaine. Le capitaine du génie Boulin, officier plein de talent, qui depuis a péri malheureusement dans une mission en Asie, et dont la mort fut vengée d’une manière éclatante par lady Stanhope, ayant été arrêté avant le commencement des hostilités par un hâtiment de guerre russe, et conduit à l’amiral, réclama hautement sa liberté comme ayant été pris contre le droit des gens, et avant la déclaration de la guerre. Siniavin la lui rendit en lui disant que, dans |)eii de joui's, il regretterait le don qu’il lui faisait. Cette confiance de l’ennemi était tout mon espoir, et je ne négligeai rien pour l’augmenter, sans toutefois atténuer celle de mes troupes.
Le "ifi septembre, je me retirai à Ragiise-Vieux. J’envoyai d’abord des détachements contre des Crées, sujets turcs, qui cherchaient à intercepter ma communication avec Raguse, et je plaçai sur les hauteurs de Breno le 5' régiment pour contenir ceux de Trébigne, qui menaçaient d’aller de nouveau piller les faubourgs de Raguse, brûler les moulins, détruire l’afpieduc et couper les eaux. Lorsque ce régiment parut, tout rentra dans l’ordre.
Le 27, les Bocquais et les Monténégrins, an nombre de mille environ, vinrent attaquer nos avantpostes. Ils furent repoussés, et je défendis de les poursuivre.
Le 29, je fus informé de l’arrivée d’un nouveau régiment russe venant de Corfon. Cet événement et notre retraite avaient singulièrement enorgueilli les Russes et tourné la tète aux Monténégrins, Bocquais et Grecs, sujets turcs, dont le nombre avait presque doublé; ils parlaient de piller Raguse et la Dalmalie. Enfin un corps russe assez nombreux avait pris position au col de Débilibrick, en avant de la vallée de la Sottorina. C’est ce que j’attendais pour agir offensivement. Si les Russes restaient, j'espérais les battre. S’ils se retiraient sans combattre, ils détruiraient l’opinion qui s’était déclarée pour eux et la confiance de leurs partisans. .l’ignorais alors la force précise des Russes; les renseignements des prisonnière, après la bataille, m’ont donné les moyeiis de dresser un état régulier qui porte leur force au nombre que j’ai déjà fait connaître. Quant à celle des paysans armés, on peut estimer qu’il y avait quatre à cinq mille Monténégrins, trois mille Bocquais et deux mille Grecs, sujets turcs. Ainsi j’avais devant moi sept mille Russes et environ neuf mille hommes de troupes irrégulières. On sait, au reste, ce que valent ces dernières troupes. La moitié se montre à portée;