‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 65 sur 267 · LIVRE XI. — 180R · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — 180R

la vallée, il so plaça à leur tète et gravit directement le mont Kitta, en se dirigeant par la ligne la plus courte sur ses sommités.

Je lançai quelques troupes en avant, avec ordre de rétrograder pour l’encourager dans son mouvement. Le général Stoisevich marchait avec une nuée de tirailleurs en avant de la colonne. Au moment où il croyait atteindre son but et saisir la victoire, le H' régiment se montra et marcha à la baïonnette contre cette infiuiterie essoufflée, fati- • guée; en même temps, mes trois cénts chasseurs ayant fait une charge sur ce qui s’était le plus avancé, huit cents hommes, cinquante officiers furent faits prisonniers, et avec eux le général Stoisevich commandant cette armée. La colonne rétrograda aussitôt dans la vallée et fit sa retraite sur Popina, où des retranchements très-considérables avaient été préparés.

Ce début de campagne était de bon augure. J’envoyai en toute hâte les prisonniers à Zara, et, comme je ne leur donnais qu’une faible' escorte, je les dirigeai par Knim, Demis etSebenico : ainsi constamment couverts par la Kerka, leur sûreté, pendant leur marche, ne fut jamais compromise. Iæs pertes de l’ennemi, dans cette affaire, dépassèrent trois mille hommes tués, blessés ou prisonniers. Un assez grand nombre de soldats, en outre, jeta ses armes pour fuir plus facilement dans les

rochers et échapper à la cavalerie, d’où il suit que ce combat affaiblit rennemi d’environ quatre mille hommes.

Le lendemain, je marchai sur l’opina. La division Montrichard et l’artillerie s’y rendirent par la vallée, tandis que je m’y portai par les montagnes avec la division Clausel. Les retranchements étaient placés au point où la route quitte les bords.de la rivière. Un développement siiffisantj de bons appuis, rendaient l’attaqne diflicile. A peine étais-je occupé à reconnaître le point le plus faible, que je vis l’ennemi s’ébranler pour opérer sa retraite; je le suivis sans retard. La prise du général Stoisevich contribua sans doute beaucoup au changement de système.

Je fis poursuivre l’ennemi avec toute l’activité possible par mon avant-garde. Marchant avec elle, j’avais donné l’ordre au reste de l’armée de presser son mouvement pour me. soutenir. Je rencontrai l’arrière-garde ennemie à une lieue et demie de Gradschatz. Elle essaya de nous arrêter pour favoriser le retour de la colonne d’Evernich qu’elle couvrait; mais, culbutée, elle se retira jusque dans la plaine, où l’armée était rassemblée.

Nous marchions sur le revers des montagnes au pied desquelles coule la Zermagna. Le corps de quatre à cinq mille hommes, qui leà occupait, dut se diriger directement sur Gospich, par suite de la

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