‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 7 sur 267 · LIVRE X. — 180C-I · texte numérisé non relu

LIVRE X. — 180C-I

y armer ou ilésarmer une grande escadre. Ce port est couvert par la montagne de San Sergio d’un côté, et, de l'autre, par une langue de terre qui tient à Raguse et le sépare de la grande mer. La rive extérieure de cette presqu’île est complètement escarpée. Raguse a encore, et indépendamment, son port de commerce, couvert par l’ile de Lagronia. L’imagination ne conçoit pas une localité maritime plus complète et plus belle. Aussi l'Empereur avait-il sur Raguse les projets les plus étendus : cette ville devait devenir notre grande place maritime dans les mers de 1 Orient, et être disposée pour satisfaire aux besoins d’une nombreuse escadre, qui y aurait habituellement stationné.

.le passai le mois d’octobre tout entier à mettre la dernière main aux affaires de Raguse; on compléta les approvisionnements. Les deux forts de la montagne, faisant la sûreté de Raguse, rendus défensifs, furent armés, et je couvris l'ile de Daxa de batteries. Les îles de CalamoUi, de Mezzo et Jupana furent également armées, et la place elle-même reçut un complément d’armement. Quand je quittai Raguse, quatre-viugt-quatre pièces de gros canon étaient en batterie dans la place et dans les forts, et cent quatre-vingt-deux dans l’arrondissement.

J’avais fait mettre en état de défense Stagno, occupant l’isthme entier : cette ville se trouve le jioint de station et de communication entre la Dalmatic et

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Kaguse, par la navigation intérieure'. Je fis construire un autre fort sur la montagne au dessus de Stagno. L’ile et la place de Corzola, qui, par leur situation, commandent le détroit entre cette île et la presqu’île de Sabioncello, et rendent maître de la navigation extérieure, furent mises en état de défense.

Je donnai des instructions détaillées au général Lauriston pour tous les cas qu’il me fut possible de prévoir; je fixai les limites de son arrondissement jusques et y compris Stagno, Corzola et Sabioncello, et je lui laissai trois beaux régiments formant quatre mille cinq cents hommes, les 25', 60' et 79'. Je me mis en route le 1" novembre, après m’être fait devancer par les autres troupes, composées des b' et 11' de ligne, 18' léger, et de la garde italienne. J’inspectai en passant les travaux de Stagno, ainsi que ceux de Corzola, et je me rendis à Spalatro, point central où j’établis mon quartier général. Voici la manière dont je conçus la défense de la Dalmatie.

La difficulté des communications rendait extrêmement importante la conservation de la navigation intérieure, c’est-à-dire entre les îles et la terre

' l’ur navigation intérieure, l'auteur entend celle qui a lieu entre lu côte et lus Iles nombreuses qui bordent la Dalmatie; et, par navigation ext 'rieure, celle qui se fait en dehors des iles, en pleine mer.

(Noie de i éditeur.)

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