‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 8 sur 267 · LIVRE X. — 1S06-I8I · texte numérisé non relu

LIVRE X. — 1S06-I8I

renne. Je mis les fortificalions de l’ile de Lésina en l»oii état : c’était un point de relâche précieux à conserver, et bon à enlever à l’ennemi. L’ile de Brazza fut armée et occupée : on a vu ce que j’avais fait pour assurer la communication avec Raguse. Le fort Saint-Nicolas de Sebenico, défendant l’entrée de cette magnifique rade, fut armé. Je fis mettre en bon état de défense, et réunir des approvisionnements de toute espèce et considérables à Klissa, à Knin et Stagno. Klissa garde le débouché des montagnes, et présente une position inexpugnable à peu de distance de Spalatro, où j’aurais rassemblé l’armée dans le cas d’un débarquement considérable, chose possible à prévoir alors, et à redouter; car la guerre n’avait pas éclaté encore entre la Porte et les Russes, et le général Sébastian!, ambassadeur à Constantinople, m’avait annoncé à plusieurs reprises qu’un corps de dix mille hommes était embarqué dans les ports de la mer Noire et allait passer les Dardanelles, et je savais, d’autre part, qu’on l’attendait à Corfou.

Knin était destiné à servir d'appui à l’armée dans le cas de mouvement de la part des Autrichiens. Enfin, j’avais fait fortifier Opus, sur la Narenta, pour en assurer le passage et faciliter la marche par terre sur Stagno et sur Raguse. La défense était donc simplifiée autant que possible, et je m’étais réservé tous les points d’appui utiles. Pour com-

plclcr le système, et ne pas risquer de voir tomber entre les mains de l’ennemi des villes maritimes qu’il aurait pu ensuite armer et défendre, je lis ouvrir les remparts et détruire les fortifications de Spalatro et de Trau : plus lard, je lis servir ces démolitions à rembellissement de ces villes.

Je plaçai mes troupes de la manière suivante : Le 81' régiment à Zara, le 18' léger à Sebenico, le 5' à Trau et Castelli, le 11' à Klissa et Spalatro, la garde à Spalatro, et le 8' léger à Macarsca; enfin, à Signe, ma cavalerie, composée de trois cent cinquante chevaux du 24' chasseurs, montés sur de petits chevaux bosniaques, cavalerie qui me rendit de grands services.

.le pouvais ainsi, en moins de deux journées, rassembler mes troupes, les porter dans toutes les directions, et elles étaient établies convenablement pour leur santé et leur bien-être. Une fois cantonnés et reposés, ces corps reprirent leur instruction, et, en peu de temps, redevinrent, les 18' et 1 1', ce qu’ils avaient été, c’est-à-dire aussi beaux que jamais; et les autres, se piquant d’honneur, furent bientôt dignes de leur être comparés. Nous passâmes l’hiver dans cette position.

L’empereur Napoléon gardait Braunau comme gage des bouches de Gattaro, et le gouvernement autrichien se trouvait ainsi toujours victime de la mauvaise foi qu’avait montrée son commissaire en

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