‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 70 sur 267 · LIVRE XI. — isns-isoo · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — isns-isoo

quarts reussont franchi [>our tomber sur le reste. Une fois au delà du ruisseau, il fallait renoncer à toute idée de retraite. 5?i les renforts annoncés à l’ennemi défendaient les marais d’Ottochatz, il était difficile de forcer ce passage, ayant une armée en queue, et avec tous mes embarras. Se soutenir quelque temps entre Gospich et Ottochatz était absolument impossible, et mes blessés, mes équipages et mon artillerie mettaient un grand obstacle à tous mes mouvements.

D’un autre coté, repasser le ruisseau, c’était renoncer à l’offensive; c’était ajourner d’une manière indéfinie notre jonction avec l’armée d’Italie; c’était, enfin, consacrer l’opinion d’une défaite, après avoir remporté la veille une victoire complète. •Mais le général Knescvich arrivant, il était peutêtre possible de le battre séparément. Au pis aller, les soldats avaient pour six jours de vivres dans leurs sacs, et, si les circonstances devenaient aussi difficiles qu’on pouvait l’imaginer, en sacrifiant mon artillerie, en abandonnant mes blessés, et en faisant des marches forcées, je pouvais espérer de faire ma jonction avec les troupes de l’armée d’Italie, à travers les hautes montagnes.

Les deux partis étaient extrêmes. Je choisis le plus honorable; je persistai dans ma première résolution, et la •fortune sourit à ma confiance.

La division Montrichard passa le ruisseau sans

)jJ MÉMOIRES DU DÜC DE RAGUSE.

être inquiétée, et, aussitôt après l’arrivée de mes troupes à l’en»’'''' de la plaine, l’ennemi se disposa à îa retraite; :'l :v;; pela le corps qui avait remonté la Licca, et vint se former devant nous avec sept bataillons et toute son artillerie, afin de battre les débouchés par lesquels nous sortions des montagnes.

Le général Delzons, avec le ^ô*, gagna autant de terrain qu’il put sur le bord du ruisseau; soutenu par le 5' et le 18', il se jiorta en avant, et donna à toute l’armée le moyen de déboucher et de se former; L’ennemi tenta à deux reprises de nous rejeter sur le ruisseau au moyen de sa cavalerie, mais sans succès: et, enfin, il se décida à la retraite par la route d’Ottochatz.

Telle fut la bataille de Gospicb, où nous combattimes pendant deux jours avec une grande infériorité de nombre, dans les localités les plus difficiles. Nous fûmes complètement victorieux, grâce à la grande valeur des troupes. Pendant les mêmes journées, les 21 et 22 mai, se livrait sur la rive gauche du Danube, le terrible combat d’Essling. Le 25, nous entrâmes à Gospicb par le pont de la route d'Ottocbatz. Toute la population avait abandonné la ville : quelques officiers d’administration seuls étaient restés; je leur remis une trentaine de blessés incapables de supporter même le mouvement du brancard, et je pris les moyens nécessaires pour assurer le dé|)art de tous les autres.

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