LIVRE XI. — 1808-1S
ici (|ue toutes les troupes que j’ai commandées, même à la fin de nos désastres, ont toujours été bonnes. Pour les rendre telles en France, il faut seulement s’en occuper, et, dans les circonstances difficiles, montrer l’exemple. Cette conduite est le plus éloquent de tous les discours.
Arrivé au col de Segna, la vue de la mer produisit sur tous les soldats une agréable surprise. On se sentait hors de peine, et nous avions devant nous des récompenses à espérer, mais aussi bien d’autres travaux à exécuter. Cette petite armée avait un feu sacré que rien n’a jamais pu éteindre.
De Fiume, j’écrivis au provéditeur de la Dalmalie pour lui faire connaitrc le résultat de la courte ciimpagne que nous venions de faire. Cette nouvelle fit un effet prodigieux dans la province, et les Dalmates, qui dans leurs chants babituels célèbrent la gloire à l’imitation das anciens bardes, se bâtèrent de composer des chansons qui sont devenues nationales; ils les chantent encore aujourd’hui, et nos actions et nos noms y sont consacrés.
Tous les Dalmates qui m’avaient accompagné retournèrent chez eux et y furent reçus en triomphe. 4e n’oubliai pas d’écrire au provincial des franciscains pour lui témoigner ma satisfaction de la conduite de ses moines : c’est à eux que nous avions dû la profonde tranquillité dont la province avait joui pendant tout ce temps.
COUIIESPONDAXCE ET DOCUMENTS
l;tl.\TIFS AU LIVIIE Ü>7.IÊ)IE
CLAISEI. A MARSIONT.
« Uagii;c, 7 janvier 180!'
« Mon général, les sénateurs s’assemblent souvent depuis mon arrivée. J’ai reçu d’eux deux lettres que j’ai l'honneur de vous transmettre. I^a dernière contient des doléances, des griefs, et ressemble assez à un petit manifeste. Ce. matin, j’ai dit au minor Contiglio que je les engageais à s’occuper à l’avenir, et seulement, des affaires administratives, intérieures et municipales, et, pour tout le reste, d’attendre les événements.
« U est vrai que le pavillon italien est arboré : c’est d’après mon ordre, celui de Saint-Biaise n’étant déjà plus lorsque je suis arrivé.
«Les sénateurs font ce qu’ils peuvent pour empêcher que les bâtiments de commerce ne prennent le pavillon italien. Je fais ce que je dois pour qu’ils l’arborent tous. ‘
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