‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 85 sur 267 · LIVRE Xl. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE Xl. — CORRESPONDANCE

dépenses de ces batteries ont été réduites autant que possible; mais le génie, n’ayant point de fonds, la caisse française en a fait l’avance.

« En exécution des ordres du ministre, de donner aux Russes tous les secours qu’ils demanderaient, j’ai fait donner quelque argent à plusieurs reprises à un officier russe, qui commande deux bâtiments de guerre stationnés dans les Bouches, depuis huit mois, et imputé sur la solde de son emploi. Agissant ainsi, j’ai cru suivre les intentions de Votre Majesté; et le ministre, qui me les avait notifiées, n’a fait aucuns fonds, ni pour faire face à cette dépense lorsqu’elle pourrait avoir lieu, ni pour la rembourser, quoiqu’il fût instruit qu’elle ait été faite!

<' Quoique je n’aie pas, en ce moment, entre les mains les documents qui peuvent me donner les moyens de fournir à Votre Majesté un état détaillé des fonds, je puis assurer que l’exposé ci-dessus est exact.

« Sire, il en résulte qu’en 1806 les violations de caisse ont été nécessitées par le besoin de faire vivre l’armée et d’entretenir les hôpitaux, attendu qu’il n’avait pas été fait des fonds convenables pour ces services;

«Qu’en l’an 1807 et 1808 il n’a pas été donné un sol irrégulièrement par l’administration de l’armée, et que les dépenses ont été toujours en diminuant jusqu’à environ trente pour cent ;

« Qu’en l’an 1807 il a été fait , une avance d’environ cent cinquante mille francs pour des dispositions qui m’ont été spécialement ordonnées, et cela en vertu d’une autorisation du ministre, et que les comptes lui en ont été rendus à différentes époques; qu’il a été avancé une faible somme pour les travaux urgents de Cattaro;

w Enfin qu’en l’an 1808 il a été avancé l’argent nécessaire pour le transport des munitions à Corfou, qui m’avait été ordonné, ainsi que l’établissement d’une bonne défense maritime à Raguse et aux Bouches.

« Quant aux fonds italiens, voici à quelle occasion ils ont été employés.

« Lors du commencement de la guerre avec la Prusse, j’ai reçu l’ordre de faire travailler jour et nuit, de fortifier Raguse de manière à la mettre à l’abri d’attaque. Malgré cela, il ne fut fait pour cette place que soixante-dix et quelques mille francs, lorsqu’il en fallait le triple pour établir une défense provisoire. Cependant les circonstances étaient pressantes; la situation de l’Autriche était équivoque; la guerre pouvait éclater avec cette puissance; et, forcé de rester en Dalmatie, je pouvais me trouver dans l’impossibilité d’aller promptement au secoure (le Raguse, qui pouvait être attaquée par les Russes et par l’expédition de M. de Bellegarde. — Il fallait donc donner à Raguse tous les moyens qui dépen-

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