‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 86 sur 267 · LIVRE XI. - CORRESPONDANCE. \Hi · texte numérisé non relu

LIVRE XI. - CORRESPONDANCE. \Hi

(laient de moi pour résister le plus longlcmps possible. Mes demandes d’argent étaient infructueuses à Milan. Devais-je donc, seul, isolé, hésiter à donner des secours pour ces travaux lorsqu’il s’agissait de la conservation d'une place à laquelle Votre Majesté attache de l’importance; lorsqu’il s’agissait de • plus encore, de l’honneur des troupes françaises? •

c< Les mêmes motifs qui m’ont fait donner de l’argent pour les travaux du génie à Raguse m’en ont fait donner pour les travaux en Dalmatie. Je ne sais par quelle raison on lui a si longtemps refusé tout secours. Depuis l'entrée des Français jusqu’au mois de juin 1807, c’est-à-dire pendant quinze mois, quelque chose que j’aie écrit, il n’a pas été accordé un sol pour ces travaux dans cette province.

« Je supplie Votre Majesté de considérer ce que je devais faire lorsque les événements pouvaient me réduire à défendre Zara. Fallait-il laisser cette place désarmée? Fallait-il, par une coupable insouciance, trahir mes devoirs envers Votre Majesté, envers l’armée, et être moi-même l’artisan de son déshonneur? Si les trésors italiens ou français n’eussent pu y parvenir, je n’aurais pas hésité à engager tout ce que je possède pour satisfaire au besoin des circonstances et du moment, sûr de la justice et des bontés de Votre Majesté envers ceux qui la servent avec dévouement.

« Sire, Tamour de mes devoirs esl la passion qui m’anime dans tous les instants de ma vie; et votre satisfaction de ma conduite est la plus douce récompense que je conçoive et que j’ambitionne. Mon malheur serait à son comble si mes efforts constants n’aboutissaient plus à ce but. Puisque telle est votre volonté, sire, à l’avenir, quels que soient les événements, je m’abstiendrai de faire aucune disposition de fonds qui contrarie celles du trésor public; et, si Votre Majesté trouve convenable de me donner des ordres dont l’exécution exige des dépenses, je la supplie d’ordonner en même tenqjs 4]ue les moyens soient mis à ma disposition , soit par des fonds généraux , soit par des fonds spéciaux. »

LE MÏMSTftE DE LA GUERRE A MARMONT,

• Paris, le 26 sepUMiil re i80S.

« Général, j’ai mis sous les yeux de Sa Majesté les détails qui m’ont été adressés par Votre Excellence relativement à l’emploi des fonds qui avaient été tirés de la caisse du payeur des troupes italiennes pour acquitter les dépenses du génie et de l’artillerie de l’armée que vous commandez.

« Sa Majesté a reconnu que les travaux relatifs au service du génie résultaient des ordres qu’elle a efl’ectivement donnés à Votre Excellence, et qu’ils

LIVHE XI. - oohrespond.\ni:e. isâ

avaient été commandés par les besoins impérieux de l’armée. Elle a également reconnu que les dépenses que ces travaux ont occasionnées concernaient le royaume d’Italie. En conséquence, elle a ordonné que les dépenses dont il s’agit resteraient à la charge de l’Italie.

«J’ai' fait part des intentions de l’Empereur à Son Altesse Impériale le vice-roi , et tout parait réglé à l’égard de ces dernières dépenses.

« Il ne reste plus, en ce qui a rapport à mon ministère, que les avances pour les dépenses extraordinaires qui ont déjà été faites et les fonds particuliers que Votre Excellence a réclamés pour les dépenses qui pourront être nécessaires à l’avenir.

« L’Empereur, auquel j’en ai rendu compte, ne m’a point encore fait connaître ses intentions.

« Aussitôt que j’aurai reçu la décision de Sa Majesté, je m’empresserai de la communiquer à Votre Excellence. »

XAPOl.ÉOS A MARMOXT.

■ Saiot'Cluud, le 20 oclobrc

« Monsieur le général Marmont, indépendam^ ment du compte que vous me rendez, il est néces- .saire que vous correspondiez directement avec le ministre de la guerre et que vous lui rendiez compte

de toutes les affaires, non par le canal de votre chef d’état-major, mais directement. Dans cette disposition sont compris les rois d’Espagne et de Naples et le vice-roi d’Italie, comme commandant mes armées.»

I,E MIMSTRE DE I.A GL'EnnE A MAnMü.NT.

« Pans, le 21 octobre 1808.

« Monsieur le duc, c’est par ordre exprès de Sa Majesté Impériale que j’ai l’honneur de prévenir Votre Excellence des intentions de l’Empereur concernant les rapports qui doivent exister dorénavant entre les commandants en chef de ses armées et le ministre de la guerre. Sa Majesté a décidé que Votre Excellence, en qualité de commandant en chef de rarmée de Dalmatie, m’écrirait à l’avenir directement, et non par le canal du chef de l’état-major, pour tous les objets relatifs au service; ce qui n’empêchera point l’état-major de me donner ég;.lement toutes les explications nécessaires sur les détails et de m’envoyer des rapports comme à l’ordinaire. Sa Majesté me charge, à cette occasion, de faire connaître à Votre Excellence que sa responsabilité ne peut être à couvert qu’autant qu’elle m’aura écrit en ma qualité de ministre de la guerre. L’Empereur ajoute à cette occasion que, quoi que Votre Excellence j)uisselui écrire directe-

Page 1