‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 3)Chapitre 98 sur 267 · I.IVIIE XI. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

I.IVIIE XI. - CORRESPONDANCE

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vière qui était devant nous, afin d’occuper les mamelons dont s’étaient emparés les voltigeurs, et de* les défendre avec le plus d’opiniâtreté possible s'il y était attaqué. Je lui donnai également l’ordre de rapprocher un peu les autres régiments de la division, de manière à soutenir la division Montrichard, avec laquelle j’allais combattre l’ennemi, qui débouchait.

« L’ennemi marcha à nous sur trois colonnes. J’eus bientôt disposé toute la division Montrichard, et, après être resté en position pour bien juger du projet de l’ennemi, je me décidai à faire attaquer la colonne du centre par le 18' régiment d’infanterie légère, à la tête duquel marchait le général Soyez, tandis que le 79* régiment, que commandait le colonel Godart, et avec lequel se trouvait le général Montrichard, contenait la droite de l’ennemi.

« La charge du 18' régiment fut extrêmement

brillante; il est impossible d’aborder l’ennemi avec plus de confiance et d’audace que ne le fit ce brave régiment. L’ennemi fut culbuté, perdit cinq pièces de canon. Dans cette glorieuse charge, le général Soyez fut blesséd’une manière très-grave. Je fis soutenir immédiatement le 18' régiment par le 5' régiment, sous les ordres du colonel Plauzonne, qui marcha sur la colonne de gauche de l’ennemi et la fit replier.

« L’ennemi, s’opiniâtrant, envoya de puissants

•iOü MÉMOIRES DU DUC DE RAUÜSE,

renforts, qui exigèrent de notre côté de nouveaux efforts. Le 7U' régiment, qui avait suivi la droite de l’ennemi, s’était -réuni à notre centre en faisant le tour d’un monticule qui la séparait. Je plaçai en deuxième ligne le 81' régiment, sous les ordres du général Launay et du colonel Bonté, et en réserve un bataillon du 1 1' régiment, que je détachai de la division Clausel.

« L’ennemi ayant fait un nouvel effort, le 79' régiment le reçut avec sa bravoure ordinaire, et un bataillon le chargea, tandis que le 81' régiment en faisait autant.

« Cette charge fut si vive, que l’ennemi se précipita dans la rivière et s’y noya en grand nombre. Tout ce qui avait passé devait être détruit si douze pièces de canon de l’ennemi, placées sur l’autre rive de la Licca, n'avaient mis obstacle à ce qu’on le poursuivit davantage.

« Cet effort termina la journée à notre gauche. Le général Launay, qui marchait à la tète du 79' et du 81', y fut grièvement blessé,

« Pendant que ces affaires se passaient, l’ennemi détacha six bataillons pour attaquer les positions qu’occupait le 8' régiment. Ce corps, un des plus braves de l’armée française, que commande le colonel Bertrand, et que le général Delzons avait trèsbien posté, résista avec beaucoup de vigueur et de persévérance. Après plusieurs tentatives inutiles

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