LIVRE XVIIt. — iSiô. 2U
pont. Suivi par le corps de Langeron, et ne pouvant se rendre à Buntziau, où il avait été prévenu par le général Radrewicz et la cavalerie du général KoelT, le général Pnthod se trouva enveloppé de toutes parts. 11 prit la résolution généreuse de combattre jusqu’à extinction. 11 s’établit sur les hauteurs de Plagwitz, en avant de Lowenberg, et attendit l’ennemi de pied ferme. Attaqué par deux divisions d’infanterie et une de cavalerie, il succomba, après avoir fait une défense opiniâtre. Cette courte campagne de cinq jours coûta à l’armée française dix mille hommes tués ou blessés et quinze mille prisonniers.
11 est diflicile de concevoir une opération plus mal conçue et plus mal conduite. La division des forces et leur éparpillement eurent lieu sans motif raisonnable. La marche en avant fut exécutée sans prudence et sa ns connaître les dispositions de l’ennemi. Cette offensive, prise sur un si grand front, et particulièrement à gauche, au lieu de l’appuyer à la droite, par où était la communication la plus courte et la plus directe avec Dresde, seul point de retraite de l’armée, est une de ces fautes qui paraissent incontestables. Le retard apporté dans les ordres donnés au troisième corps, et le croisement des colonnes, résultat d’une fausse direction, expliquent suffisamment la catastrophe.
‘Jlü MÉMOIRES nu nue DE IIAGUSE.
Ce revers, avec l’événement funeste de Culm, décidèrent du sort de la campagne. Le maréchal Macdonald, homme de courage, dont le caractère droit et honorable mérite l’estime et l’alTection de tous ceux qui le connaissent, n’aurait jamais dû être chargé d’un semblable commandement; sa capacité, fort médiocre, le rend peu propre à un grand commandement. Le temps s’écoule avec lui en vaines paroles. Il a cette activité malheureuse de certains hommes qui se laissent absorber dans les circonstances les plus importantes par les détails les plus minutieux. A l’armée, il écrit lui-même les lettres relatives au service. Cette seule circonstance le fait connaître. Aussi aucune disposition ne fut-elle prise à temps et à propos. La confusion régna partout, et l’armée, diminuée d’un tiers, perdit en outre la confiance qui, jusque-là, l’avait animée.
D’un autre côté, il est étrange que, dans son offensive, Blücher ne se soit pas appuyé aux montagnes de Bohême, et n’ait pas agi particulièrement par sa gauche. S’il eût manœuvré de manière à arriver, après un succès, avant l’armée française à Lôwenberg, il était maître de la communication la plus courte avec Dresde, et il pouvait rendre sa retraite plus dilficile et plus périlleuse.
L’Empereur partit de Dresde, le 5 septembre, avec sa garde et mon corps d’armée. S’il eût em-