LIVRE XVIII
ployé les quatre jours qui venaient de s’écouler à compléter ses succès dans la poursuite de la grande armée, il eût été le maitre des événements. 11 eût pu réparer sans peine les malheurs arrivés en !Silésie. Toute compensation faite, il lui restait encore de grands avantages; mais le malheur de Vaudamme et le désastre de Silésie firent une masse de maux trop grande pour pouvoir rétablir l’équilibre, surtout après le parti pris par les ennemis d'éviter dorénavant de combattre Napoléon en personne, et de se contenter de le harceler, de le fatiguer, et d’user ses troupes par des marches, jusqu’au moment où la diminution de ses forces mettrait entre les deux armées une telle dispro- |)orlion, qu’il n’y aurait plus aucune incertitude dans le succès et le résultat de la lutte.
Le 4, Napoléon, après avoir dépassé Bautzen, rencontra le duc de Tarente se disposant à évacuer les positions de llohenkirchen, et à repasser la Sprée. 11 l’arrêta, lui ordonna de se reporter en avant. L’avant-garde ennemie fut culbutée et se dirigea en arrière de Laiiban.
Le ü, l’Empereur porta la majeure partie de ses forces sur Beichenbach. L’ennemi se replia sur lîürlitz, et se plaça derrière la Neisse à Lauban. Autant par suite du système dont j’ai rendu compte plus haut qu’à cause de l’arrivée prochaine de
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Ïi8 MÉMÜHtES DU DUC DB RAUUSE.
larmée de Bcmiingson, puissant renfort, on devait s'attendre à voir Blüeher se retirer plus loin si l’Enipereur passait la Neisse. En conséquence, toute offensive de ce côté devant êti*e sans résultat, et pouvant même avoir des conséquences funestes à cause du mouvement de la grande armée alliée sur Dresde, Napoléon quitta l’armée de Silésie le <S, Il la laissa en position à Hohenkirchen, après lui avoir donné pour renfort le huitième corps. Ce secoure réparait en partie ses pertes, et la portait à une force d’environ soixante-dix mille hommes. Le duc de Tarente, an lieu de faire des démonstrations pour en imposer à l’ennemi, se tint tranquille, et annonça ainsi à Blücher le départ de Napoléon. Dès lors le général prussien se disposa à reprendre l’offensive.
Je reçus en même temps l'ordre de me rendre à Camenz afin d'être, tout à la fois, à portée de l’Elster-Noir et de Lukau. Je devais être ainsi en mesure, suivant les circonstances, de faire une di" version en faveur du prince de la Moskowa, ou bien de me rendre à Dresde. Le 8, je me portai à Iloyerswerda, et je dirigeai une forte avant-garde sur Senftenberg et des coureurs dans la direction de Lukau. En même temps j’avais donné l’ordre au cinquième corps de cavalerie, commandé par le général Lhéritier, mis à ma disposition, de partir
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