LIVRE XVIll
de Grossenhayn pour Roulau, afin de m’appuyer; mais dans la nuit je reçus l’ordre de me rapprocher de Dresde à marches forcées. Le 9, j’arrivai à Ottendorf, et, le 10, à Dresde, où je m’arrêtai. J’occupai la ville et le camp retranché. Je pus enfin faire reposer mes troupes. Mon corps d’armée avait marché, pendant vingt-deux jours, sans un seul séjour, livré un assez grand nombre de combats, et fait souvent des marches de douze lieues; mais il était bien organisé. L’esprit en était admirable. A l’exception des blessés, un très-petit nombre d’hommes seulement se trouvaient en arrière. 11 ne manquait pas une pièce de canofi, ni une voiture d’artillerie ou d’équipages. ' .
L’Empereur avait été rappelé à Dresde par les mouveineiits offensifs du prince de Schwarzenberg. En effet, l’avant-garde de Wittgenstciii s’était avancée, le 5, à Peterswald, et le fi, à Berggieshübel, avec la division prussienne de Ziethen. Le prince Eugène de Wurtemberg, avec la cavalerie de Dahlen, débouchait sur Dippoldiswald, tandis que le général Klenau s'avançait vers Ghemnitz. Le prince de Sclnvarzenberg, avec les corps autrichiens de Colloredo, Ghasteler, Giulay et les réserves, avait pris la direction d’Aussig, pour y passer l'Elbe, et manœuvrer sur la rive droite. Le 7,\Vitigenslein occupa Pirna, et, le 8, se porta vers
MEMOinES DU DUC DE RACUSE.
Dohna uù élaieiil réunis les premier, deuxième et quatorzième corps.
L’Empereur, de retour, le 7, à Dresde, se rendit, le 8, au camp de Dohna. L’avant-garde de Wittgenstein fut culbutée. Ce général se replia sur Pirna. Le même jour, le prince de Schwarzenberg, en plein mouvement, fut instruit de la présence de ?iapoléon. Il se retira aussitôt, et vint prendre la position qu’il avait choisie en avant de Tœplitz. Le 9, Napoléon porta la plus grande partie de ses forces sur Liebenthal. Ce mouvement menaçant de tourner le corps de VViltgenslein, celui-ci se retira sur Nollendorf, où il fut joint par le corps de Kleist. Les troupes aux ordres de Klenau se rapprochèrent de Tœplitz, et vinrent prendre position au Sebastiansberg.
Le 10, Napoléon vint à Baremberg. Le premier corps marcha sur Peterswald, et le quatorzième sur Furstenwald. Le général Wittgenstein se replia sur Culm. Le 14, il s’avança de Fiirstenwald vers le défilé du Geyersberg. La division du quatorzième corps, commandée par le général Bonnet, s’empara de la montagne; mais la difficulté du terrain empêcha d’y conduire de l’artillerie. Les obstacles pour déboucher, en présence de l’ennemi, dans une position inexpugnable, paraissant insurmontables. Napoléon renonça à l’attaquer, et se décida à re-