LIVRE xvm
Elle était composée de Cosaques. Normam, avec sa brigade, avait passé à l’ennemi.
Un instant après, la cavalerie saxonne, placée au dedans de nos lignes, s’ébranla et marcha dans la direction de l ennemi. Je crus d’abord qu’elle allait se mettre en ligne dans un de nos nombreux intervalles; mais je reconnus bientôt ses intentions. Formée en colonne, scs chevaux de main étaient en tête. Elle dépassa rapidement la ligne des troupes françaises, fut reçue dans les rangs ennemis, et promptement imitée par l’infanterie et l’artillerie; mais, chose odieuse ! cette artillerie, à peine arrivée à une certaine distance, s’arrêta, se mit en batterie et tira sur nous. La diminution de nos forces nous obligea à raccourcir notre ligne. Je portai ma droite en arrière et la plaçai dans la direction de Wolkmann, plus rapprochée de Leipzig. Ma ligne fut complétée au moyen de la division Delmas, du troisième corps, qui vint remplir le vide fait par le départ des Saxons et occuper Wolkmann. Les troupes que j’avais en tête se trouvaient être composées des deux armées de Silésie et du Nord. Les Suédois se trouvaient à leur droite et visà-vis de ma gauche.
L’ennemi dirigea ses principales attaques sur ce point, n déploya devant nous cent cinquante bouches à feu. C’était beaucoup; car mon artillerie.
MI-yMOintS DU DlC DE RAUUSK.
fort diminuée par les pertes de l’avant-veille, avait très-peu de munitions. Il fallut les ménager, et cependant bientôt elles s’épuisèrent. L’ennemi rapprochait son canon, mitraillait un carré. Cette troupe, ainsi foudroyée, perdait du terrain, et alors j’allai la joindre et lui ordonner de s’arrêter. Je restai avec elle pour partager son sort et l’encourager; mais bientôt un autre carré, plus maltraité ■«mcore, fit un mouvement de retraite. Je fus forcé de courir à lui pour lui tenir le même langage et lui donner le même exemple.
l'endant ce temps, les attaques sur Schœnfeld se succédaient, et ce beau et grand village fut pris et repris sept fuis. Jamais l’ennemi ne parvint à s’en •emparer complètement. Les troupes de ma deuxième division et un détachement de la troisième eurent la gloire de cette défense héroïque. Elles comptaient pour rien le nombre de leurs ennemis et soutinrent le combat près de huit heures. A la fin de la journée, mon artillerie étant entièrement démontée ou sans munitions, et l’ennemi s’étant tellement rapproché avec la sienne, qu’il n’y avait plus moyen d’y tenir, mes troupes firent un léger mouvement en arrière; mais, l’artillerie du troisième corps étant venue à notre secours, ainsi que la division Ricard, le village de Schœnfeld fut repris une huitième fois, et ainsi finit cette malhcu-