LIVRE xvm
reuse, ruais glorieuse journée. Notre perle fut considérable en tués et en blessés, surtout en officiers, parmi lesquels huit officiers généraux de mon seul corps d’armée.
Pour donner une idée exacte de la manière dont nous nous sommes battus pendant ces deux célèbres journées, je dirai seulement ce quf concerne mon état-major et moi-même. Mon chef d'étatmajor et le sous-chef furent frappés à mes côtés quatre aides de camp furent tués, blessés ou pris; sept officiels d’étal-niajor furent également lues ou blessés’. Quant à moi, j’eus un coup de fusil à la main, une contusion au bras gauche, une balle dans mon chapeau, une balle dans mes habits, quatre chevaux tués ou blessés sous moi ’. Sur trois
* Le gt'iiérjl Ricliemoiit, chef d'état-major, tué; l’adjudant génér.il Levasseur, sous-chef d'état-major, eut la cuisse fracassée |iar un boulet.
(.Vote de ïfAiteur.)
* Eutie autres, Laclos, chef de bataillon, tué; le capitaine de Char-
iiaillcs, blessé et fait pri-nnuicr; le capitaine Kuiiiicrouski, la cuisse cassée; le lieutenant Peri'égaux, le lieutenant de Buuui'xal, le lieutenant Martin, le lieutenant Baiaguey-d'Uilliers, le |>oignet emporté; le capitaine Jules de Méry, prisonnier. — Nous n’avons pu nous procuiei’ les noms des autres ollüciers ; mais il suffit de reniai iptor ip.ie, |iariui les aides de camp du maréchal, les seuls restés debout furent le colonel Deuys de Üaiiirémout, premier aide de camp, et le lieutenant-colonel Fahvier. (Sole del'liiiiUur.)
* Le duc Je Baguse, comme on l’a vu dans ses Mi'moire», avait été blessé eu Espagne. 11 lit toute la campagne de 1813 le bras en écharpe; il n’était pas encore guéri loisqu'il reçut ces dernières blessures.
(Sole de ÏÉdilenr.)
S!tr. MKMOIRKS DU DUO DE RAGUSE.
<loiiipsli(|uos (|ui m'accompngiiaicnt, deux furent blessés et eurent leurs chevaux tués. Partout cependant nous avions résisté; partout nous avions conservé nos positions. Les troupes s’étaient surpassées en énergie et en ox)uragc, et elles en avaient bien le sentiment. Jamais je n’ai vu les miennes plus hères de ce qu’elles avaient fait.
Cependant il n’y avait plus un moment à perdre pour nous retirer et pour hâter une retraite rendue difficile par la position particulière à Leipzig, les embarras causés par tant de corps d’armée agglomérés et les défilés qu’il fallait traverser. De nombreux ponts auraient dû être construits sur l’Elster pour donner moyen à l’infanterie de marcher sur diverses colonnes à la fois, en laissant la chaussée libre à l’artillerie, à la cavalerie et aux équipages; mais on n’en avait fait aucun. L’état major n’en avait pas reçu l’ordre et n’en eut pas la jiensée. On aurait cru que des officiers seraient préposés pendant toute la nuit pour veiller à la sortie de l’artillerie et à la marche régulière de cet immense matériel. Rien de semblable ne fut ordonné. Les voitures, placées sur trois ou quatre colonnes parallèles sur les boulevards de Leipzig, se trouvant dans l’impossibilité d’avancer faute d’ordre, les soldats du train s’endormirent, et tout resta ainsi en confusion jusqu’au 10 au malin.
U vnE XVIII. - 1813 .
Alors il fallut prendre, position dans les faubourgs de la ville, afin de les défendre autant que possible et de retarder l’entrée de l’ennemi de quelques heures pour faciliter la sortie de cette artillerie, dont on était encombré; mais, aucune reconnaissance préliminaire n’ayant été faite, aucun de nous ne connaissait les localités, les points à occuper, les issues à garder. Les jardins qui entourent Leipzig rendaient d’ailleurs la défense difficile. Les troupes ne pouvant pas circuler, se mouvoir et se porter d’un point sur l’autre, l’ennemi, dans ce labyrinthe, trouva facilement des passages pour pénétrer. Quelques troupes ennemies une fois entrées, la crainte et le désordre se mirent parmi nos soldats, et toute défense devint impossible.
Chargé d’occuper le faubourg de Halle et de le défendre, je pris position, le 19, de grand matin. Le troisième corps était sous mes ordres.
Je plaçai la plus grande partie de mes troupes à la porte même de Halle et derrière la Partha, afin d’empêcher l’ennemi d’arriver plus tôt que nous sur la communication de Lindenau, notre point de retraite, objet de la plus grande importance. Je chargeai la division Ricard delà barrière de Schœnfeld, se liant par sa droite avec le onzième corps qui défendait la porte de Dresde. Je plaçai en ré-
‘2!m MÉMOIRES DU DUC DE BAUUSE.
serve la plus grande partie du sixième corps dans les vergere, entre la barrière de Sdiœnfeldet la porte de Halle, les troupes ne pouvant pas se former sur le boulevard, occupé par une grande quantité de voitures.
Nous étions à peine formés lorsque l’ennemi, ayant réuni beaucoup d’artillerie et de troupes, attaqua le onzième corps dans le faubourg de Dresde. Ses attaques parvinrent peu après à la barrière de Schœnfeld; mais le canon qu’il avait porté de ce côté, ne pouvant découvrir le pied des maisons et du mur d’enceinte, ne lui ouvrit aucun passage. Ses tentatives, furent repoussées. Une vaste maison, hors de l’enceinte, une manufacture, que j’avais fait occuper par un détachement du 70' régiment, et dont j’avais donné le commandement au major Rouget, fit éprouver de grandes pertes à l’ennemi, •en même temps qu’une compagnie de carabiniers du 23' léger sortit de la barrière avec la plus grande impétuosité et massacra tout se qui s’était avancé. J’avais appelé, au secoui's de la division Ricard, la plus grande partie du sixième corps, et nous re- |M)ussions partout l'ennemi. Mais nous ne tardâmes pas à avoir des preuves que l’ennemi avait pénétré <lans les faubourgs de droite. 11 se présenta tout à «‘oup à la droite immédiate des troupes à mes orilres, c’est-à-dire à la gauche du onzième corps, et