‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 78 sur 166 · LIVRE XVII. - 1813. lt · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. - 1813. lt

ardent comme le général Vandamme, il eût été plus convenable de lui tenir le langage de la prudence. Toutefois, dans la circonstance, il était de son devoir de marcher tète baissée. Napoléon lui avait dit et fait écrire : « Je vous suis avec toute ma garde; marchez sans crainte. » Enfin il savait que le bâton de maréchal devait être la récompense d’un succès brillant, et il était impatient de l’obtenir. Mais Napoléon, après avoir mis en route sa garde, était resté à Dresde, incertain sur ce qu’il ferait. Ayant reçu la nouvelle de l’échec éprouvé par le maréchal Oudinot devant Berlin, et des revers du maréchal Macdonald sur la Katzbach, il résolut de rester, de rappeler sa garde, et il eut le tort incroyable de ne pas faire prévenir Vandamme. On a dit qu’il s’était mis en route, et que, se trouvant tout à coup indisposé, il avait rétrogradé. Ge fait est inexact, et le général Gersdorff, général saxon, m’a déclaré formellement que, n’ayant pas quitté un moment le palais pendant les journées du 28 et du 29, il avait la certitude absolue que Napoléon n’était pas sorti de Dresde ces jours-là. La garde seule s’était mise en mouvement, et il la rappela, ainsi que je viens de le direj Vandamme se trouva donc seul et sans appui dans la plaine de Culm. Vainqueur le 29, il fut accablé le 30 par les forces immenses qui se jetèrent sur lui.

16ii MÉMOIRES DU DUC DE RAtiUSE.

Une circonstance inopinée survint qui aggrava sa position, et la rendit désespérée. Le corps de Kleist, qui s’était retiré de Glasshüth devant Saint- Cyr, arriva à Ebersdorfîie 29. De ce point il ne put entrer en Bohême. Une communication mauvaise, praticable cependant aux voitures, et meilleure que celle de Zinnwald, aboutit de ce point à Culm. Mais, dans ce moment, Vandamme étant à la tête du débouché, Kleist ne pouvait pas raisonnablement s’y présenter. Le 30, au matin, il crut Yandamme assez avancé pour avoir entièrement découvert la grande route, et, ne le supposant plus sur ce point, il se décida à faire un mouvement par le plateau et à se porter d’Ebersdorf sur Nollendorf, espérant ainsi écliapper à l’armée française, arriver à la plaine, éviter Vandamme, et rejoindre, par un détour, le gros de son armée. Une preuve incontestable de la vérité de cette opinion, c'est <iue ses meilleures .troupes étaient à l’arrière-garde pour résister soit à Saint-Cyr, soit à ce qui pouvait venir de Peterswald. Les mauvaises troupes et les parcs étaient en tête de colonne. Au moment où Vandamme, accablé par le nombre, se disposait à la retraite, le corps de Kleist arriva sur la route. La cavalerie de Vandamme, s’élançant en colonnes, pour ouvrir le chemin, échappa en partie. Cette cavalerie, rencontrant seulement d’abord des land-

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