‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 85 sur 166 · LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. — CORRESPONDANCE

« volontairement pour se soustraire au service sera « condamné à mort.

« Le présent ordre du jour sera tenu secret, et « sera adressé seulement aux maréchaux et généraux « commandant des corj5s d’armée ; mais, au mo- « ment du départ des hommes blessés aux doigts ou « à la main, reconduits à leur corps, il leur sera «donné connaissance, par l’officier d’état-major « commanda ni la colonne, de la disposition qui « condamne à mort ceux qui déserteraient ou ma- « rauderaienl pendant la route.

« Le major général de notre grande armée est « chargé de l’exécution du présent ordre.

« Signé : Napoléon.

« Pour ampliation :

« Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

LE M.UOR (lÉNÉHAI. AC MAllÉCHAI, MAUMONT.

<1 Dresde, le 24 juin 1813.

« Monsieur le maréchal, je vous envoie la copie d’une lettre que j’ai écrite hier à M. le général Bar-

clay de Tolly pour lui faire connaître les ordres

donnés par l’Empereur à l'égard des partisans.

« Le prince vice-connétable, major général,

« ÂI.EXAISDRE. »

« P. S. Cela vous servira pour le langage que vous avez à tenir.

AU GÉmÔRAL BARCLAY DE TOLLY.

a Drcsdo. le ^ juin 1815

« Monsieur le général, je m’empresse de porc( ter à votre connaissance la conduite du maa jor de Lûtzow et les événements auxquels elle « a donné lieu. Ce major, chef d’un corps de « partisans, a été prévenu, le 7, de l’armistice. La « copie lui a été portée par un officier d’état-major. « Il en a eu connaissance par la traduction en alle- « mand que le duc de Weimar en a fait faire, el a qu’il a fait imprimer, placarder et répandre à pro- « fusion.

« Le major de Lützow a fait dire à l’officier d’é- « tat-major qui lui portait la copie de l’armistice « qu’il ne reconnaissait pas l’armistice. On lui a fait « observer que, le 12, il devait avoir repassé l’Elbe, « et qu’en conséquence il n’y avait pas de temps « à perdre : il fit déclarer qu’il était corps franc.

« Depuis le 7 jusqu’au 18, M. le major de Lützow

LIVBE XVII. - COHHESPO.M)A,\CE. 185

« a continué les hostilités : il a arrêté les malles de « Bavière et de Dresde; il a levé des contributions, « comme dix-huit procès-verbaux le constatent. 11 « a arrêté les individus tant civils que militaires « rencontrés sur la route; il a continué à enrôler « les jeunes gens du pays et les étudiants des uni- « versités; il a attaqué des détachements, pris des « courriers venant d’Augsbourg et d'Italie, et enfin « des soldats marchant isolément.

« I/Empereur et Roi mon maître n’est arrivé à « Dresde que le 10, et, le 14, voyant que les hosti- « lités sur ses derrières continuaient, Sa Majesté a « ordonné aux détachements de cavalerie èn mar- « che pour rejoindre l’armée de s’arrêter et de se « pelotonner pour courir sur les partisans, attendu « que, le 12, ils devaient, aux termes de l’armis- « tice, en avoir exécuté les dispositions.

« D’autres corps, se disant partisans, répondaient « qu’ils ne pouvaient reconnaître l’armistice, don- « nant pour motifs, les uns qu’ils dépendaient de « l’armée suédoise, les autres qu’ils étaient à la « solde de l’Angleterre, et enfin d’autres corps in- « dépendants et insurrectionnels.

« Sa Majesté l’Empereur et Roi a donc cru néces- « saire de prescrire l’ordre du jour dont je vous en- « voie copie. J’avais donné un ordre à peu près « semblable dès le 16. Cependant, j’ai l'honneur de

184 MK.M01UES DU DUC DE RACUSE.

« pi’OiK)ser à Votre Excellence d’échanger ceux des « partisans qui sont actuellement en notre pouvoir « ou qui seront arrêtés contre' ceux de nos gens « qui ont été faits prisonniers par vos troupes de- « puis le 4 juin.

M Nous avons aussi à nous plaindre de la non-exé- « cution de l’article 4 de l’armistice, qui porte, en- < tre autres choses : que, depuis l’embouchure de la « Katzbach, la ligne de démarcation suivra le cours « de l’Oder jusqu’à la frontière de Saxe, longera la « frontière de Saxe, etc.; dès lors Crossen s’y trouve M compris. Cependant les Prussiens, contre toutes « raisons, veulent occuper Crossen, quoique le droit « soit de notre côté et que cela ne dût pas être dis- « cuté : j’en prends pour juge Votre Excellence elle- « même.

« Mais, voulant cependant éviter toute discussion, « l’Empereur et Roi propose que ce pays soit consi- « deré comme neutre, de iiianière qu’il ne soit oc- « cupé ni par l’armée combinée ni par les armées « françaises et alliées.

« Les troupes légères de Votre Excellence parcou- « rent le pays jusqu’aux portes de Liegnitz. Je la M prie de vouloir bien donner des ordres à cet « égard.

« Le prince vice-connétable, major général,

« Siyné : .VI.EXA^’DnE. »

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