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ment un nommé Plaignier, chef apparent du complot, et quatre de ses complices, furent condamnés à mort Pt furent exécutés.
Dans une grande ville comme Lyon, il y avait quelques individus de l'espèce de ceux que je viens d’indiquer, exhalant dans les cabarets leur haine et leur mécontentement. Le général Canuel, qui commandait à Lyon, se piqua d’honneur, ÿon ambition étant stimulée par les récompenses données à Donadieu, il se détermina à mettre en œuvre ce qui était sous sa main, et à donner du corps et une espèce de consistance à quelques hommes isolés qui n’avaient ni formé ni pu former aucun projet sérieux. 11 leur choisit un chef, et ce chef, qui recevait ses ordres et ses instructions, prit toute la direction de la prétendue conspiration.
Lyon était le chef-lieu d’une association catholique dont l’origine remontait au temps de la persécution dirigée contre le pape par Napoléon. Depuis la Restauration, elle avait pris beaucoup de force. Elle était devenue le point d’appui de cette puissance occulte qui a fait tant de mal et contribué si puissamment à la perte des Bourbons par les ennemis qu’elle leur a créés et les fautes dans lesquelles elle les a entraînés. Ce parti voulait briser la l.harte; il ne rêvait que gouvernement absolu; il ne désirait que troubles et que conspira-
lions. 11 savait que ces conspirations seraient impuissantes à cause de la présence des armées étrangères; mais il comptait qu’elles serviraient à motiver la prolongation de leur séjour, et qu’elles mèneraient à des mesures violentes, et à modifier l’ordre établi. Ce parti raisonnait comme si l’emploi de la force, qui est utile parfois en des circonstances passagères, pouvait jamais être une base permanente de gouvernement. F/emploidcla force, quand on est obligé d’y avoir recours, ne doit jamais être qu’accidentel, car le nioveii s’use de luimême, et le temps le détruit toujours. Un gouvernement ne peut avoir de solidité que fondé sur la conviction, la confiance et les intérêts; mais les partis, en-général, et surtout le parti dont je parle en ce moment, à qui le ciel semble avoir refusé toute intelligence, ne sont pas capables de comprendre de semblables vérités ; ce parti, par ses opinions et ses cris, servit puissamment les projets criminels du général Canuel.
Avant de faire le récit des événements qui se passèrent à Lyon à cette époque, je vais lécher de faire connaître les deux individus marquants qui y exerçaient l’autorité.
Le général Canuel est un des plus anciens généraux de la République. Malgré cette ancienneté, il n’a jamais figuré dans nos campagnes mémorables
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à notre grande époque. Employé constaninienl dansl’intérieur ou sur les derrières de l’armée, à commander les territoires, jamais il ne s’est trouvé à une baLaille. La seule guerre qu’il ait faite est cellfr de la première Vendée. Alors aide de camp d’un homme dont le nom rappelle tout ce qu’il y a de plus abject, le général Rossignol, il se distingua par sa férocité. Une demande de récompense, faite par le général Rossignol pour Canuel, consacrée par l’implacable Montlcur, est motivée sur la manière dont il avait, non pas combattu, mais puni les brigands, et cet acte héroïque était le massacre des Vendéens dans l’hôpital de Fougères, auquel Canuel avait prêté son bras. Fendant l’Empire, sa vie fut obscure. A la Restauration, il se mit en avant et protesta de son zèle. En lï<15, placé dans la Vendée, il prétendit avoir fait de grandes prouesses et fit imprimer un récit de sa campagne. Le général Lamarque lui répondit dans une brochure, chef-d’œuvre de plaisanterie et de bon goût. Il y tourne en ridicule, avec un succès complet, une campagne où lui, vainqueur, n’a jamais eu l’occasion de combattre. Le général Canuel, voulant faire étalage de sa fidélité, tint un jour cet horrible propos : « J’ai marché, disait-il, dans le sang jusqu’à la cheville pour la République; pour les Bourbons, ce sera jusqu’aux genoux! •> Homme crapuleux, dé-
pourvu d’esprit et d’instruction, il fut adopté par le parti moral et religieux. La faveur dont on l’investit devint un malheur public, en contribuant beaucoup à aliéner les cœurs généreux de l’armée.
M. de Chabrol, alors préfet de Lyon, est né en Auvergne. Son père, avocat ou procureur instruit et distingué, ayant fait fortune, acheta une charge qui l’anoblit. M. de Chabrol parcourut d’abord la carrière judiciaire, puis celle de l’administration. Il devint, sous l’Empire, intendant général des finances des provinces illyriennes, qu'il a administrées avec sagesse et probité. A la Restauration, il montra beaucoup de zèle pour les Bourbons et fit remarquer ses sentiments. Investi des pouvoirs de Louis XVIII pendant les Cent-Jours, et croyant devoir être ministre, il fut déconcerté d’être envoyé, comme simple préfet, dans le département du Rhône. Il s’y conduisit d’abord avec sagesse, et semblait peu d’accord avec le général Canuel. Son caractère de magistrat et d’honnête homme contrastait chaque jour avec les idées et les mesures révolutionnaires du général Canuel; car, sous un nom ou sous un autre, le général Canuel n’était qu’un infâme révolutionnaire. Scs propres observations et les rapports qu’il recevait contrariaient constamment le dire du général Canuel ; mais, royaliste de bonne foi et sincèrement attaché à la dynastie.
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aussitôt qu'une révolte eut éclaté, il se repentit de la divergence de ses opinions avec le général Canuel, homme peu digne de lui être comparé. Timide et ambitieux, il chercha à réparer des torts imaginaires en abondant alors dans le sens de celuici. 11 proclama qu’il s’était trompé, lorsqu’il avait eu raison. La préoccupation de son esprit fui telle, qu’elle l’empêcha de voir que, si le général Canuel avait prédit des révoltes, il l’avait, fait à coup sûr, puisqu’il n’annonçait rien de plus que l’exécution de mouvements préparés par ses ordres. Une fois les premiers désordres éclatés, M. de Chabrol, vaincu, se livra à Canuel. Canuel se sentit bien fort quand il se trouva e.xercer un pareil ascendant sur un honnête homme.
M. de Chabrol a nn esprit droit, mais peu étendu. Sa probité l’empêcha de soupçonner une conduite coupable. Une vanité excessive lit qu’il tint depuis aux idées qu’il s’était faites des choses et des hommes. Enfin la faiblesse de son caractère, corroborée par son ambition, le place habituellement dans une sorte de dépendance des autres. Cette ambition dévorante de M. de Chabrol a été satisfaite. Il a été ministre plusieurs fois; mais, pour un homme comme lui, dont les intentions sont pures, il aura le regret éternel d’avoir contribué, à la fin de sa carrière, à la formation d’un ministère dont les
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*piivres devaient être, pour tout homme de sens, la perte de la monarchie.
On était donc, à hyon, pendantja première partie de l’année 1817, dans une agitation et une inquiétude extrêmes. La cause en est encore cachée aux esprits sages et non prévenus. Tout à coup le bruit se répand qu’un complot va éclater, et trois ou quatre jours après, le 8 juin, jour de la fête du Saint Sacrement, une tentative de trouble a lieu. Personne ne bouge dans la ville. Un individu portant des cartouches est arrêté à la barrière, et pendant la nuit le capitaine Ledoux est poursuivi par des gens armés et tué de deux coups de pistolet ; mais, si Lyon est tranquille, le tocsin sonne dans plusieurs villages de la banlieue, entre autres dans ceux de Saint-Genis-Laval, de Brignais, de Millery et d’Irigny. Plus tard il sonne à Saint-Andéol, et un capitaine à demi-solde, nommé Oudin, proclame Napoléon II, envoie des commissaires dans les environs ets’installe dans la municipalité. Ix)i’sde ces mouvements, qui eurent lieu presque simultanément, on ne parvint pas à réunir plus de quatre cents mécontents. Des détachements de troupes, accompagnés de gendarmerie, sufiireut pour tout faire rentrer dans l’ordre. A peine fut-il tiré quelques coups de fusil. Mais, aussitôt le calme rétabli, on lit marcher la cour prévôtale, et partout on pu-