VII. Id
2i2 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
noble. J’avais la faculté de faire mouvoir les troupes dans un rayon de quarante lieues, et de rassembler toutes les forces existantes dans le centre du royaume; enfin on voulait un résultat favorable, et on ne négligea aucun des moyens convenables pour m’aider à l’obtenir.
Je me mis en route à la lin d’août, et j’arrivai à Lyon le ô septembre au matin. Reçu avec les honneurs dus à ma dignité de maréchal commandant en chef, je fis mon entrée à Lyon. Je ne perdis pas un moment pour entretenir les autorités, et je déclarai à tout le monde qu’investi de la confiance du roi, muni de ses pouvoirs, et chargé par lui de rendre la paix à ces provinces agitées, j’allais écouler, entendre et rechercher les causes des troubles qui avaient existé et qui menaçaient l’avenir. Je réclamai de chacun tous les renseignements propres à m’éclairer et la connaissance des faits.
M. de Chabrol, étant conseiller d’État, avait le premier rang. Je le vis d’abord, et le plus habituellement. Nous nous connaissions de réputation, à l’occasion des fonctions remplies par tous deux en lllyrie, quoique en des temps différents. 11 me portait une considération particulière, ayant été témoin des souvenirs que j’y avais laissés. De mon côté, je le savais un homme estimable, et ce fut avec confiance que je le consultai; mais lui-méme, tout en