LIVRE XXII
rer, et m’expriniu Sfi satisfaction de ma conduite.
Pendant le cours de l’hiver, des plaintes et de.s récriminations sur l’affaire de Lyon se renouvelèrent à plusieurs reprises. 11 sembla nécessaire de réprimer tant d’impudence par un exposé officiel et positif des faits, et d’empêcher ainsi l’opinion d’être égarée. Le colonel Fabvier, officier de la plus grande distinction, qui m’était fort attaché cl avait fait les dernières campagnes près de moi et rempli, pendant ma mission, les fonctions de chef d’étatmajor, se trouvait naturellement, par celte circonstance, appelé à se charger de la rédaction et de la publication de cet exposé. Homme d’un esprit remarquable, d’un caractère fort élevé et du plus grand courage, mais d’une nature ardente et emportée, il avait vu, avec plus d’indignation encore qu’un autre, ce qui s’était fait. 11 mettait du prix à confondre de lâches calomniateurs. Il publia, au printemps, un écrit ayant pour titre ; Lyon en 181 7, qui fit grand bruit. On y répondit avec violence; il répliqua. Les réponses furent publiées au nom du général Canuel, de M. de Chabrol, de M. de Fargues, maire de Lyon. Ce dernier, si fier de sa fidélité, avait cependant si bien accueilli Napoléon dans les Cent Jours et lui avait montré tant de dévouement, qu’à son passage en 1815 il en avait reçu la décoration de la I.égion d’honneur. La répli-
que de Fabvier était vive; les individus accusés par lui se décidèrent à l’attaquer en calomnie. Un procès eut lieu, et ce procès mit en jeu toutes les passions.
J’étais à Châtillon, occupé de mes affaires, approuvant complètement les assertions de Fabvier, toutes entièrement vraies; mais j’étais bien tourmenté par l’idée de le voir se mettre en avant pour défendre mes actes et se battre pour moi, tandis que je restais à l'écart. Demander à être mis en cause aurait eu l'inconvénient d'amener l’affaire à la Chambre des pairs, et de donner un éclat, une importance fâcheuse à une chose qu’il eût mieux valu pouvoir étouffer. Après y avoir réfléchi, je me décidai à un acte public, destiné à corroborer les assertions de Fabvier, et à me faire partager, au moins moralement, sa responsabilité. Mécontent, d’ailleurs, de la conduite faible et incertaine du ministère dans cette circonstance, je résolus de le prendre à témoignage des faits, en lui rappelant mes divers rapports et les convictions que je lui avais, en grande partie, fait partager'.
' LE MAKÉCIIAL JIAtHO.'VT Atl ROI LOUIS XTIII.
« Sire,
< Il y a quelques mois que, tourmenté par 1rs acrus.'itions les plus injustes sur ma inissiiin de Lyon, je formai le projet de publier un écrit qui (Irrait rétablir 1rs faits, et fixer l'opinion.
t Viitre Majesté me fit connailie par ses ministres qu'elle trouvait