LIVRE XXII. — I8in-i
cées près de moi l’avaient mis en rapport avec un grand nombre d’officiers. Son activité prodigieuse, la force de sa volonté, son esprit, et par-dc.ssus tout cela la haine ardente qui l’animait contre les Bourbons, et dont la source était dans les injustices dont il avait été l’objet et la victime à l’occasion des affaires de livon, devaient le soutenir dans ses efforts' et lui donner le moyen d’atteindre son but. Il se trouvait d’ailleurs, par une circonstance particulière, avoir à sa disposition de nombreux instruments dont il pouvait se servir. Fabvier étant né à Pont- à -Mousson, en Lorraine, et la légion de la Meurthe se trouvant de son pays, il en connaissait presque tous les officiers, et son infiucnce sur ce corps lui donnait une autorité bien plus respectée que celle du colonel. 11 recevait régulièrement les rapports de tout ce qui s’y passait, et l’on s’adressait à lui pour avoir une règle de conduite dans toutes les circonstances les plus importantes. Un certain capitaine Nantil, ancien élève de l’École polytechnique, bon officier, mais embarrassé par beaucoup de dettes, et irrité de la destitution d’un emploi que son père avait occupé, ardent et entreprenant par caractère, fut le bras droit de Fabvier, et l’individu qu’il mit en avant. Chargé des missions extérieures et étrangères à son corps, Nantil entra en rapport avec les officiers à demi-solde qui se
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réunissaient an Bazar français, et dont les principaux étaient le colonel Sausset et le chef d’escadron Masiau, de l’ancienne garde.
Quelques hommes de l’ordre civil furent associés à ces conciliabules, entre autres un nommé Paubelle et un autre individu nommé Dumoulin, Dauphinois, qui servait dans la garde nationale de Grenoble en 1815. Napoléon, l’ayant distingué à cause de l’ardeur de ses sentiments, l’avait attaché à sa personne, à son retour de l’ile d’Elbe, en qualité d'officier d’ordonnance. Ce Dumoulin, homme d’une conception assez vaste, grand joueur à la Bourse, ayant gagné plusieurs millions qu’il avait ensuite perdus, apporta dans celte conspiration la finesse et l’audace de son caractère. Nantit se mil en rapport avec un chef de bataillon des Côtes-du-Nord, nommé Bérard, et celui-ci crut pouvoir disposer de son régiment. Nantil étendit ses relations dans la garde, et deux régiments eurent quelques hommes séduits. Dans le T d’infanterie, deux lieutenants, nommés Laverderie et Hiilleau, l’adjudant-major Trogoff, Valentin, adjudant sous-officier, entrèrent dans le complot; un nommé Henri, sous-officier dans le 5% et quelques autres. Dans chacun des corps en garnison à Paris, il y eut des hommes entraînés. Dans tes écoles il y avait beaucoup d’individus dévoués aux conspirateurs, et un grand nombre étaient armés.