‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 116 sur 178 · LIVRE XXII. — 1815-18Î · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — 1815-18Î

et bien armés, se joindraient aux troupes au moment de l’explosion. D’un autre côté, des insurrections devaient éclater à Cambrai, à Vilry-le-Français et à Colmar. Dans tous ces points éloignés on devait arborer les trois couleurs aux cris de l ire Miipoléon lll

>tais les révélations de Petit et Vidal avaient été suivies de rapports successifs sur ce qui se préparait, et Je me mis en mesure d’y résister. A l’entrée de la nuit, des dispositions spéciales, prises pour Vincennes, mirent à l’abri cette forteresse. La niasse des troupes des environs de Paris reçut l’ordre de se mettre en marche pour la capitale, et en même temps tous les individus de la garde compromis furent arrêtés et conduits à Paris. Aucun d’eux n’échappa. La garde se concentra à minuit autour du château. Si les troupes de la garnison eussent pris les armes contre le roi, je les aurais fait attaquer dès le premier quart d’heure de leur rébellion, en mettant à la tête des troupes tous les chefs et généraux qui avaient de l’influence sur elles, de manière à prévenir la moindre hésitation. Avec ces précautions, il ne pouvait pas y avoir de lutte sérieuse. Mais, dans l’après-midi du 19, Nantil, le bras droit de Fabvier, l’élément actif du complot, informé de la découverte de la conspiration , ne pensa plus qu’à se sauver. 11 coupa ses favoris, se

déguisa el disparut. Les chefs, voyant l’impossibilité de réussir pour le moment, ajournèrent à une autre époque leur entreprise.

Le gouvernement résolut alors de changer la garnison de Paris, et de remplacer les quatre légions compromises par d’autres corps. Ce mouvement prochain donna aux conspirateurs l’idée de renouer la partie. La légion des Côtes-du-Nord, destinée pour Chàlons et Verdun, devait, une fois arrivée à Châlons, quitter cette route pour se rendre a Vitry, où il y avait une réunion de mécontents et de complices. Elle serait précédée dans cette ville par Sausset. Mais le chef de bataillon Bérard, qui était chargé d’exécuter ce mouvement et avait été de très-bonne foi jusque-là, effrayé des conséquences qui [buvaient en résulter pour lui, se décida à dénoncer ce nouveau complot. Compatriote du général Montélégicr, il alla le trouver et lui fit des révélations.

. lontélégier m’en rendit compte. Je lui ordonnai de continuer à recevoir ses déclarations. Plus tard, je me rendis chez lui, pour entendre moi-même Bérard et le questionner. Tout fut clair et précis, el les chefs de la conspiration, qui ne se doutaient pas de la trahison de Bérard, continuant leurs rapports avec lui, se compromettaient chaque jour davantage, quand un mandat d’arrêt de la Chambre des p;.irs vint enlever Bérard à sa liberté, l’empê-

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