‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 121 sur 178 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

La beauté de l’établissement, la lutte établie entre moi et les fabricants de fei's de l’arrondissement, leur firent désirer la réunion de nos intérêts. Je souhaitais moi-même ardemment cette association. Aussi fut-elle conclue, mais à des conditions onéreuses pour moi. Cependant, si les prix des fers se fussent soutenus, tout aurait été surmonté; mais ils baissèrent constamment. Enfin, l’ambassade dont, je fus chargé en Russie m’ayant rendu pendant cinq mois étranger à mes affaires, ma ruine fut complète.

Je luttai contre mon infortune avec un courage et une persévérance dignes d’un meilleur sort. Une forte volonté, jointe à un esprit actif et industrieux, peut beaucoup. J’avais commencé presque sans capitaux, et cependant mes affaires m’ont forcé souvent à faire des payements de trois cent mille francs dans un seul mois. J’ai pu pendant plusieurs années faire face à de pareilles obligations. 11 a fallu de grands efforts pour y parvenir. Avec moins de ressources dans l’esprit et moins de ténacité dans le caractère, j’aurais été arrêté dès les premiers pas et je n’aurais pas été ruiné; mais souvent il arrive aussi, dans l’industrie, que la ruine vient de n’avoir pas voulu persévérer. Quand onestdansune bonne route, un caractère opiniâtre garantit le succès; mais, quand le point de départ

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