‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 123 sur 178 · LIVRE XXII. — I8i5-i8i4. â · texte numérisé non relu

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combattre; mais il se laissa entraîner et se réunit à eux avec ses troupes. Dès ce moment, Ferdinand se soumit, et la révolution prit une forme régulière. Les Cortès furent rassemblées, et le gouvernement réglé d’après les dispositions de la constitution de Cadix.

Cet événement, qui était funeste pour l Espagne, n’était pas moins fâcheu.v pour nous. Un foyer de révolution, si près d’un pays rempli, comme le nôtre, de grands éléments de troubles, était quelque chose de menaçant. On fit un rassemblement de troupes sur la frontière, et l’on établit un cordon, sous le prétexte d’une maladié contagieuse qui venait de se déclarer en Espagne. Les dangers que présentait la nouvelle situation de la Péninsule furent complétés par une révolution du même genre opérée en Portugal.

Les diverses cours de l’Europe ne pouvaient rester indifférentes à des événements aussi graves. De là la réunion à Vérone des souverains et des chefs de leurs cabinets. On y résolut de porter assistance au roi Ferdinand, et la France, admise dans l’union de la sainte-alliance, fut chargée d’agir en son nom. Cette politique ne convenait pas à M. de Villèle. La France, à son avis, ne devait pas se mêler de ce qui se passait chez scs voisins. M. de Chateaubriand, en entrant au ministère, avait adopte

les idées opposées, qui élaioiit aussi celles de l’empereur Alexandre. Il contribua puissamment à les faire exécuter. Aussi, après qu’un succès complet eut couronné cette entreprise, Alexandre voulut récompenser M. de Chateaubriand. Il lui envoya l’ordre de Saint-André, chose choquante; car, en agissant ainsi envers un ministre du roi de France qui n’était pas le chef du cabinet, et dont la dissidence avec le président du conseil était connue, il faisait acte de gouvernement et allait sur les droits de Louis XVIII. Mais celui-ci n’osa pas s'y opposer. M. de Villèle, contre qui cet acte était dirigé, en fut furieux. Louis XVlll, pour le dédommager, lui donna l’ordre du Saint-Esprit. Dès ce moment, il y eut guerre entre ces deux ministres, guerre qui amena le renvoi brusque de M. de Chateaubriand, qui fut opéré d’une manière injurieuse. Ce fut. là le principe et la cause de cette opposition ardente dans laquelle M. de Chateaubriand s’est jeté, et qui a été si hostile et si funeste à la monarchie. M. de Chateaubriand n’a que des intérêts et un amourpropre sans bornes. N’ayant point de principes fixes, point de doctrine ni de règle de conduite, il a concouru avec imprévoyance, mais avec ardeur, à la destruction d’un ordre de choses que ses main.s débiles seront impuissantes à rétablir

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