LIVRE XXII. — i»t5-i8î
La guerre d’Espagne était une chose politique et raisonnable dans les circonstances où on était placé. Faire disparaître une révolution sur la frontière, mettre fin aux intrigues et aux déclamations qui l’accompagnaient, étaient choses prudentes, l/e.xécution devait en être facile, car cette révolution n’était soutenue que par une très-petite fraction du peuple. Sans aucune racine dans les masses, elle était combattue par toutes les hautes influences. La maison de Bourbon avait une bonne occasion de faire un essai de l’armée. Le baptême de sang est nécessaire à de nouveaux drapeaux, à de
ie;ivoi si brusque de M. de Ch.iteaubriaud et qui l'ont jiistiliê. Les vuiei : M. de Chateaubriand était lié d'une manière intime avec une personne de la cour, qui est assez connue pour que je ne donne aucun détail sur elle. La fortune de cette dame étant dérangée, le désir de la rétablir lui d iiina ridiV; d'une grande opénition de liour-e sur les IVintls espagnols qui êbiient bmibés au plus vil prix. M. de Chateaubriand, sur sa demanile, écrivit d'une manière impérative à M. le marquis de T.rlarue, ambassadeur de France à Madrid, pour qu'il eiH à obtenir du roi U reconnaissance immédiate des anciens emprunts faits par les Cortès. Fmliiiand, qui était d'un raradère naturellement opiniâtre, malgré l'injonction et les menaces qui accompagnaient celle demam'e, lefusa de SC soumettre, et, dans riralignation que lui inspirait cet acte oppressif, s'aiiressa au roi Louis XVlll pour se plaindre. La démaiche «l'avait été ni décidée en conseil ni ordnnné'c par le roi, et celui<i couijiiit la nécessité d'un désaveu formel et de la destitution de son ministie. Cette mesure, qui servait merveilleusement les passions et les intérêts de M. de Villèle, dont l'autorité ne rencontrerait plus alora d’opposition dans l’avenir, fut prise sans le moindre retard, sans aucune explication, et tellement, que M. de Chateaubriand l'apprit de la manière la jilus inopinée, un jour de réfcptkm aux Tuileries, où il s’était rendu |>our faire sa cour au roi.
[Sole du duc de liugiixe.)
2!U MÊ.MOIKES DU DUC DE RAUUSE.
iiouveiles couleurs; jusque-là des troupes n’offrent que peu de garantie. On avait senti la nécessité de s’attacher les chefs de l’armée; mais des faveui’s gratuites |>roduisent des effets tout autres que des faveurs méritées. Celles-ci apportent avec elles le sentimeht des droits. On y a la conviction de la justice rendue et confiance dans les sentiments de bienveillance témoignés. L’armée désirait sincèrement mériter, et lui en offrir le moyen était d’une sage politique. Elle reçut en effet l’annonce de la guerre avec une grande joie.
Les mécontents avaient rêvé une défection parmi les troupes, et quelques centaines de réfugiés et de gens exaltés qui avaient passé la frontière vinrent planter le drapeau tricolore sur la rive espagnole de la Bidassoa. J’eus la douleur d’apprendre que Fabvier était avec eux. Exaspéré par le débordement de haine dont il avait été l’objet à l’occasion des affaires de Lyon, époque où il était encore animé de bons sentiments et avait de bonnes intentions, il avait fini par se jeter à corps perdu dans tout ce qu’il y avait de plus hostile au gouvernement. Il avait été l’un des principaux conspirateurs en août 1N‘20, et, quoique acquitté par la Chambre des pairs, il avait vu avec joie une occasion de nuire. Il se réunit donc à cette poignée de Français qui se déclaraient les ennemis de leur
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