‹ Mémoires du Duc de Raguse imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 130 sur 178 · LIVRE XXII. — 18I5-18Î · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. — 18I5-18Î

fautes politiques d’un côté, et le mauvais vouloir de plusieurs de ceux qui l’avaient conseillée et demandée, semblaient créer à plaisir des obstacles à ses succès.

M. le duc d’Ângoulême avait trois partis à prendre. Il pouvait traiter l’Espagne en pays conquis, ne fonder ses actes que sur les droits de la conquête, au titre de général de l’armée française, jusqu’au moment où Ferdinand, mis en liberté, serait remonté sur son trône et aurait repris les rênes du gouvernement.

Il pouvait aussi, en sa qualité de Bourbon, se déclarer régent pendant l’interrègne, et il pouvait enfin établir une régence composée de nationaux.

C'est à ce dernier parti qu'il s’est arrêté, et il était le plus mauvais; car c’était appeler, dans la mission sainte qui lui était donnée de rétablir l'ordre dans le pays, le concours des passions espagnoles, qui, aveugles et ardentes de leur nature, accompagnées toujours d’un fol orgueil, faisaient naître mille complications plus funestes les unes que les autres. Il arriva, ce qu’il aurait dû prévoir, que les mêmes Espagnols, que la Révolution avait matés et soumis, ne voulurent plus compter pour rien ceux qui venaient de leur rendre la liberté el sous l'appui desquels ils respiraient. Kon-seule-

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