VII
ment ils ne montrèrent aucune déférence pour l’autorité française, mais encore ils devinrent une puissance rivale qui lutta contre elle avec la prétention de l’égalité. Ainsi les actes qu’une politique sage avait commandés, les traités sous l’empire desquels la pacification s’était opérée, et que le généralissime avait revêtus de son approbation, furent foulés aux pieds par les régents insensés.
Une nation, révoltée et en armes, capitule quand elle se soumet. Elle ne se rend pas à discrétion. Les armées qu’elle a levées ne peuvent pas être proscrites en masse. Si on veut la destruction de tout ce qui s’est soulevé, on éternise la guerre, dont les alliés libérateurs soutiennent seuls le poids. Enfin les questions capitales doivent être décidées par une politique sage et généreuse, et non par des passions populaires.
11 arriva cependant que la régence donna des ordres absolument opposés à ceux du duc d’Angoulème, et que ceux qui avaient mis bas les armes à la suite d’un traité et d’une amnistie régulière, comme les troupes de Ballesteros, furent poursuivies, incarcérées, dépouillées et fusillées.' Bien plus, les passions politiques servirent souvent de masque à une cupidité honteuse; et tel individu ne fut arrêté que pour être mis à contribution quand on lui ouvrait les portes de sa prison.