LIVRE XXII
cession nellement dans le cortège. A une certaine époque de la cérémonie, le chef des hérauts d’armes appela successivement chaque individu en ces termes : « Monsieur le.. , apportez les brassards (ou tout autre objetj du roi. » Celui qui en était chargé sortait de sa place, faisait huit révérences, et jetait dans le caveau ce dont il était porteur. Le drapeau du 1" régiment de la garde royale était placé entre mes mains.
Comme le pays ne meurt pas, deux insignes, destinés à représenter sa puissance, le drapeau et l’épée de France, sont appelés les derniers, s’inclinent sur la tombe sans y être précipités, et se relèvent après que le nouveau souverain a été proclamé aux cris de Vive le roi!
M. de Talleyrand portait le drapeau de France. J’ignore si sa charge de grand chambellan lui donnait cette prérogative. S’il en était autrement et s’il a été désigné par un choix spécial, on aurait pu le confier à quelqu’un qui aurait semblé mieux garantir sa conservation.
Cette cérémonie des funérailles d’un roi de France, dont peu de personnes vivantes avaient été témoins, eut un grand effet; car, quoiqu’elle soit éloignée de nos mœurs, elle a quelque chose de symbolique qui peint la société et indique les bases sur lesquelles elle est fondée. Un magnifique catafalque
3i6 MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
était placé dans l'église; mais sa forme élégante et la nature de ses ornements ne rappelaient pas assez une cérémonie funèbre. Tels furent les derniers soins dont Louis XVIll fut Tobjet.