LIVRE XXII. - PIÈCES JUSTIFICATIVES
manquait jamais d’être suivie d’un calme profond, comme pour mieux attester que l’agitation était leur ouvrage.
M Xous voici arrivés au 8 juin, .le supprime une foule de détails pour n’offrir ici que les faits les plus importants.
« Voyons d’abord par quels effets s’est manifesté ce complot immense qui devait, ce jojir-là, éclater à la fois dans Lyon et dans toutes les communes environnantes; entrainersur cette ville la population presque entière des campagnes, armée et enrégimentée, pour s’y réunir avec des bandes non moins nombreuses, qui s’étaient déjà réparti les divers postes qu’il s’agissait d’enlever en plein jour en bravant une garnison nombreuse et dévouée aux ordres de ses chefs.
«. Il est constant que Lyon n’a pas été témoin, 1e 8 juin, de la plus légère tentative. Pas un seul homme n’a été arrêté les armes à la main. Un ouvrier a été saisi à la barrière, se dirigeant hors de la ville et portant des cartouches; mais cet homme a affirmé sur-le-champ que le sac qui les contenait, à son insu, venait de lui être confié, une minute auparavant, par un individu qui devait le reprendre une minute après; mais la barrière par laquelle il sortait ne conduisait à aucune des communes en révolte, et enfin, dans aucun cas, cette
circonstance n’empêcherait de conclure que la ville est restée étrangère au mouvement dans lequel elle devait jouer un si grand rôle.
« Qu’est-il arrivé dans les campagnes? Des communes qui entourent Lyon, onze seulement ont entendu sonner le tocsin, et, sur ces onze, quatre sont placées précisément à l’opposé des autres, et, par conséquent, à une distance qui ne leur permettrait ni de se réunir ni de se secourir mutuellement.
« Et combien d’hommes croit-on que le tocsin ait rassemblés dans ces onze communes? Deux cent cinquante en tout, parmi lesquels soixante seulement étaient bien ou mal armés, mais sans muni tions, et dont un grand nombre est accouru avec des seaux, croyant être appelé pour éteindre un incendie
« Celte faible troupe a-t-elle du moins cherché à se réunir et s’ est-elle dirigée sur Lyon? Deux communes seulement ont vu quelques-uns de leurs habitants sortir du territoire; partout ailleurs on s’esi tumultueusement assemblé dans l’intérieur des villages pour se disperser après quelques cris séditieux et quelques voies de fait qui n’ont coûté la vie à pei'sonne.
« Tous ces faits sont constatés par les procé-
‘ (’i'iu lii- Miller} .