LIVRE XXII. - PIÈCES JUSTIFICATIVES. 5.Ï
dures dirigées contre ces malheureux par la cour prévôlale.
t( Ce simple aperçu sudGrait peut-être pour nous montrer cette prétendue conspiration comme Iîl suite des combinaisons perfides, heureusement déjouées au mois d’octobre, au mois de novembre, au mois de février, au mois de mai précédents. Ne semblerait-il pas, en effet, que tout avait été disposé de manière à fournir un prétexte à la haine, un levier à l’ambition, sans faire cependant courir de danger réel aux spéculateurs?
(f Mais ces considérations déjà si puissantes ne prennent-elles pas plus de poids encore lorsqu’on rapproche de ces faits quelques circonstances non moins remarquables; lorsque l’on considère que, d’après leur propre aveu, les autorités étaient instruites depuis plusieurs jours, et surtout dès le 7 juin, que le complot devait éclater le lendemain au soir; et cependant, ni le 7 juin ni le 8 au matin, il n’a été pris de leur part aucune mesure pour prévenir le mouvement des campagnes;
a Lorsqu’on trouve encore, parmi les plus ardents moteurs de l’émeute, des agents de l’autorité;
« Lorsqu on voit que le nommé Brunet, le même homme qui, arrête au mois de février comme coupable d’enrôlement séditieux, avait été mis en li-
berté en qualité d’agent de police militaire, a été saisi de nouveau comme l’un des hommes qui avait prêché l’insurrection avec le plus d’audace; lorsqu’on sait que ce misérable, relâché bientôt après par un ordre du prévôt, arrêté de nouveau par celui du lieutenant de police, a été définitivement élargi d'après une déclaration écrite d’un adjudant (le place, portant que Brunet n’a rien fait que par ses ordres;
« Lorsqu'il est constant que presque tous ceux qui avaient alfecté de se mettre à la tête du mouvement ont disparu sans qu'on ait fait aucune démarche pour faire tomber sur eux les rigueurs dont on a accablé les malheureux paysans qu’ils avaient égarés ou trompés;
« Lorsqu’on voit les événements qui ont suivi le 8 juin empreints du même caractère que ceux qui l’ont précédé.
« Le gouvernement, on s’en souvient, averti par les rapports du lieutenant de police, avait manifesté quelques doutes sur les causes et l’importance du complot. Si, dès lors, le calme eût subitement succédé au court orage qui venait de gronder pendant quelques heures dans quelques communes rurales, il eût été difficile d’échapper à la manifestation de la vérité. On sentit le besoin de le faire gronder encore pour convaincre de sa réalité, et il