LIVRE XXII. - PIÈCES JUSTIFICATIVES
pas persisté dans sa prétendue révélation. A côté de lui, Barbier, Volosan et Biternay, qui s’avouaien chefs du complot, furent acquittés comme révélateurs.
« Je me hâte d’ajouter que la cour prévôtale, sans doute subjuguée elle-même par cette scène touchante, crut devoir surseoir à l’exécution de son arrêt et que Vernay a sur-le-champ obtenu sa grâce.
« Ici se terminent enfin les opérations de la cour prévôtale, relatives aux événements du 8 juin. En parcourant cette esquisse rapide, le lecteur ne verra que trop bien que les actes de l’autorité judiciaire ne sont pas faits pour changer ou affaiblir l’opinion qu’on a recueillia de l’examen des faits; il peut connaître maintenant la nature des événements dont la France a été un instant la dupe, et le département du Rhône la déplorable victime.
« Après avoir essayé de donner une idée des malheurs qui ont accablé cette contrée, de l’état de trouble et d'angoisse dans lequel elle était plongée, il me reste à dire ce qui a été fait pour arrêter le mal et prévenir celui qui était encore à craindre.
« Les premiers soins du maréchal ont été de faire cesser l’arbitraire et de rendre aux lois la force qu’elles avaient perdue; de faire tous ses efforts pour rapprocher ce qu’on avait affecté d’isoler, calmer les esprits qu’on avait exaspérés, for-
ÔU MÉMOIIIES DU DUC DE RAGUSE.
m<*rdes réunions faites pour représenter la ville, et non une faction, rendre à tous une justice égale, tendre aux malheureux une main secourable.
« Il a fallu ensuite inspirer aux persécuteurs une crainte utile, donner quelque satisfaction aux persécutés; pour cela, huit maires ont été suspendus de leurs fonctions', et six officiers ont été renvoyés. Le gouvernement a sanctionné ces mesures. Les maires ont été définitivement révoqués’, et les six officiers renvoyés dans leurs foyers.
« Il n’en a pas coûté davantage pour rétablir le calme; de nouvelles autorités le maintiennent, et se feront bénir par une population paisible.
« Tous les condamnés à moins de cinq ans ont eu leur grâce entière; ceux à plus de cinq ans ont été remisa un an; ceux à la déportation à trois ans, ainsi que ceux condamnés aux travaux forcés; la peine de Vernay a été commuée en dix ans de prison.
« Toutes les amendes ont été remises, et c’est un bienfait qui touche plus de cinq cents habitants. »
' Doux de ceux qui ont signe la pétition adressée ^ la Chombre des députés avaient chacun deux mairies à la fois. On leur a laissé celle des communes où ils avaient leur résidence ; le troisième réside è Lyon, où sou état de médecin le fixe toute l'année.
' On a feint de craindre une réaction dangereuse pour ces maires l'évoqués. Deux rapports ofTiciels ont été demandés sur cet objet ; tous deux aint prouvé que les craintes étaient mal fondées : les lois piotégent ces messieurs comme elles auraient dù pititéger leurs administrés.