A SOS EXCELLENCE MONSIEUR LE DUC DE RICHELIEU
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« Monsieur le duc,
<» Vous vous rappellerez sans doute les sentiinenls pénibles que j'éprouvai il y a quelques mois, lorsqu’au retour d’une mission toute pacifique les passions se déchaînèrent contre moi, quoique les résultats les plus évidents et les plus salutaires attestassent à la France entière et les intentions paternelles de Sa Majesté en me chargeant de cette mission, et le but de mes efforts. Je pus mépriser les écrits obscurs qui furent répandus contre moi; je dédaignai même de répondre aux sorties violentes qui retentirent dans la Chambre des députés; j’avais pour moi l’approbation publique et solennelle du roi, le sentiment d’avoir bien fait, et l’ardeur de mes amis à me défendre et à fixer l'opinion sur les circonstances qui caractérisent les événements qui ont momentanément troublé la paix de la seconde ville du royaume. Aujourd’hui que la résolution généreuse que prit dans le temps le colonel Fabvierestun motif d'accusation contre lui; aujourd’ui que l’on veut mettre en question la véracité de ses récits, lorsque ses récits lui ont été inspirés par son amour du bien public et son alta-
cheinenl pour moi, je dois prendre la parole, et par mon assertion y ajouter tout le poids que je puis leur donner.
« Les rap|)orts que vous avez reçus de moi, monsieur le duc, lorsque toute la vérité m’a été connue, établissent tous les faits dont le colonel Fabvier a publié le tableau. Tout ce qu’il a écrit peut être justifié, et, si jamais une enquête faite avec courage et impartialité constate aux yeux de la France ce qui s’est passé dans ce malheureux pays, on verra que de choses il aurait pu dire encore; et vous savez, monsieur le duc, que ce n’est pas la première fois que j’exprime le vœu de cette enquête. Beaucoup de gens ont paru blâmer les révélations faites par le colonel Fabvier, et ceux-là mêmes n’avaient pas trouvé mauvais des attaques injustes. Singulier privilège que celui qui autoriserait l’attaque et proscrirait la défense!
a On s’est récrié contre la censure qui a été faite des actes d’un tribunal malheureusement trop célèbre. Je sais le respect que l’on doit à la chose jugée; mais, lorsque les lois sont impuissantes pour réparer les iniquités, il faut que l’opinion en fasse justice, qu’elles lui soient signalées afin d’en prévenir le retour : ainsi, loin qu’il soit contraire aux intérêts de la société de montrer au grand jour ce triste monument des passions des hommes, cette